• Lisboa - FICHE DE JEU
  • 3

Lisboa

Note moyenne
8.70
(5 notes)
Mise en place: 20' - Règles: 80' - Partie: 200' - Meilleur score: 126
Année:
Auteur(s):
Illustrateur(s):
Editeur(s):
Catégorie: Expert
Age minimum: 14
Nombre de joueurs: de 1 à 4 joueurs
Nombre de joueurs conseillé: de joueurs
Note moyenne des lecteurs : pas encore de note !
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1584 Lisboa 1

Swa 13

SwatSh: 9,5 /10

Avec Alexander Pfister et Uwe Rosenberg, Vital Lacerda est l’un des 3 auteurs du moment pour les gros jeux de kubenbois. C’est simple, je ne vois pas d’autres concurrents qui nous procurent autant de stratégie, de réflexion et d’émerveillement sur des mécanismes complexes, équilibrés et parfaitement agencés. Ceci dit, je peux comprendre, ça doit mettre des années pour réussir à sortir des jeux de cette qualité. Est-ce rentable ? Je ne pense pas. Je pense que ces auteurs sont principalement des passionnés et qu’ils nous gâtent pour arriver à sortir des merveilles pareilles. Quand on regarde les œuvres de ces 3 artistes (Great Western Trail (Vin d’jeu d’l’année 2017 catégorie expert), Mombasa (Vin d’jeu d’l’année 2016), Caverna (Vin d’jeu d’l’année 2014), A la Gloire d’Odin (Coup de coeur 2017), Terres d’Arle (Vin d’jeu d’l’année catégorie expert 2015), Ora & Labora (Coup de coeur 2012), The Gallerist (Vin d’jeu d’l’année 2016 catégorie expert), Kanban (Coup de coeur 2015), Vinhos (Vin d’jeu d’l’année 2011), CO2 (Coup de coeur 2013)), ça force notre admiration.

Avec Lisboa, Vital nous montre qu’il est au sommet de son art. C’est simple, à part sa complexité élevée qui en fait un jeu à réserver aux plus mordus qui savent absorber 1h30 d’explication de règles, Lisboa n’a pas (ou très peu) de défaut.

Thème

Nous sommes à Lisbonne au 18e siècle, et devons reconstruire la ville qui a dû subir, coup sur coup, un tremblement de terre, un tsunami et de nombreux incendies. Pour cela, nous allons jouer de notre influence sur 4 personnages importants de la ville à cette époque : le grand architecte, le maire, le représentant du roi et le cardinal, dans une moindre mesure. Le thème du jeu est assez bien retranscrit puisqu’on voit bien les différents personnages à influencer et les différents bâtiments que nous construisons. Le thème reste néanmoins assez anecdotique par rapport à un Gallerist, un CO2 ou un Vinhos où il était beaucoup plus présent, même si là n’est pas l’essentiel d’un Lacerda 😉

Mécanisme principal1584 Lisboa Swa 1

Lisboa se joue en 2 aires. Durant chaque ère, chaque joueur joue à son tour une carte de sa main. A la fin de son tour, il pioche une des 4 cartes action disponibles face visible pour compléter sa main à 5 cartes et c’est au joueur suivant de jouer. Très simple donc sauf que, un peu comme dans The Gallerist, les autres joueurs peuvent également suivre votre action et réaliser plus ou moins la même à condition de dépenser un jeton faveur qu’il aura fallu récupérer auparavant.

Peu d’analysis paralysis

Ce qui est très bien avec cette mécanique simple, c’est qu’il y a très peu de temps mort dans Lisboa. Comme vous disposez de votre main complète de cartes action dès la fin de votre tour, vous avez tout le temps, durant le jeu des autres joueurs, de préparer l’action que vous allez réaliser. Il n’y a pas de très grands bouleversements entre les tours et c’est rare que vous soyez surpris. Mais certains moments de réflexion peuvent néanmoins survenir lorsqu’on n’avait pas tout prévu entre ses tours (comme les coûts fluctuent, ils peuvent devenir trop importants par exemple) ou lorsqu’on décide de suivre l’action d’un autre joueur. Comme on ne connait pas à l’avance les actions que les autres vont réaliser, on va bien souvent réfléchir avant de décider si on suit ou pas une action adverse.

Les actions1584 Lisboa Swa 2

Là où ça se complique c’est dans les actions. Ho, elles ne sont pas très nombreuses, 4 on va dire, mais elles engendrent chacune des sous-actions. Pire, les actions et sous-actions sont imbriquées les unes dans les autres. J’y reviens.

  1. Placer la carte au-dessus ou en dessous de son plateau personnel

    Cette action va permettre de gagner certaines ressources (l’influence) et de bénéficier du bonus donné par chaque carte. Et ces bonus ne sont pas négligeables tant et si bien que ça peut être une tactique de jouer une carte avec un bon bonus sur son plateau. A noter que les plateaux personnels sont de toute beauté. Non seulement ils présentent des petits renfoncements permettant d’accueillir des maisons ou des cubes comme dans Scythe (ouf, j’ai réussi à le placer celui-là. Parmi toutes les bombes de l’introduction, il manquait notre et votre Vin d’jeu d’l’année 2017 🙂 ), mais en plus, de petites encoches sur son dos permettent de glisser des cartes facilement sous les plateaux personnels tout en se heurtant à une arrête pour ne pas aller trop loin en dessous. Je suis d’ailleurs très curieux de découvrir la version finale d’Otys qui présente ce type d’encoches également. V’la ti pas qu’on est sensible au matériel maintenant chez Vin d’jeu, mais où va-t-on ? 😉

  2. Influencer l’architecte1584 Lisboa Swa 3

    En jouant une carte action architecte, on va pouvoir construire un bâtiment contre de l’argent. C’est le coeur du jeu : reconstruire Lisboa va vous rapporter beaucoup de PVs. Mais en plus, les bâtiments sont tous des industries qui vont produire des ressources. J’y reviens dans le paragraphe plus bas « les imbrications ».
    Les 2 sous actions disponibles vont permettre de gagner certaines ressources nécessaires à d’autres actions.

  3. Influencer le maire

    Cette action va permettre de gagner des cartes bonus qui vont vous faire gagner des PVs en fin de partie. Bien que classique, c’est une action assez intéressante. Ce qui est vraiment bien, c’est qu’elle est intéressante aussi bien en début, qu’en milieu et qu’en fin de partie. Comme ce sont des points gagnés facilement, en fin de partie, les joueurs vont souvent se ruer dessus car cette action sera plus intéressante qu’un enchainement de plusieurs actions pas toujours réalisable. Les choix seront alors assez simples : prendre la carte qui nous rapporte le plus. Là où l’action devient plus subtile, c’est quand on prend une de ces cartes en cours de partie. On va alors rarement rencontrer les conditions nécessaires pour scorer la carte. Elles vont alors influencer notre stratégie en cours de partie afin de pouvoir rencontrer les conditions pour pouvoir les scorer au mieux. Génial !
    Les actions sous-jacentes vont permettre de produire des ressources avec nos bâtiments ou de construire un bateau qui nous permettra de vendre ces ressources.

  4. Influencer le Roi1584 Lisboa Swa 4

    Le Roi va nous permettre de construire des bâtiments publics ainsi que de gagner de l’influence pour pouvoir suivre les actions des autres joueurs ou de bénéficier de l’aide du clergé qui va nous donner des petits pouvoirs intéressants qui, eux aussi, vont influencer votre stratégie. J’aime beaucoup l’explication thématique de cette action. A l’époque, la royauté et le clergé étaient assez opposés. Si on était proche de la royauté, c’est qu’on avait nos distances par rapport à l’église et vice-versa. Voilà pourquoi, lorsqu’on veut influencer le roi, on a le choix entre recevoir une faveur royale ou un bonus du clergé.

Les imbrications

Ce qui m’a le plus impressionné dans Lisboa, ce sont les imbrications des actions les unes dans les autres. Prenons l’exemple de la construction de bâtiments privés. Pour construire un bâtiment, vous avez besoin d’argent. L’argent se gagne principalement en vendant des ressources. Pour vendre une ressource, il faut utiliser un bateau. Pour construire un bateau, il faut la place dans votre plateau personnel. Pour avoir de la place dans son plateau personnel, il faut gagner des débris. Pour gagner des débris, vous devez construire des bâtiments publics. Et ces bâtiments publics vont apporter des points à vos bâtiments privés !!! Et une fois un bâtiment construit, vous allez pouvoir l’utiliser pour produire des ressources. Mais attention, le nombre de ressources stockées est limité aux débris que vous avez dégagés grâce aux bâtiments publics. Vous allez pouvoir vendre ces ressources et, avec cet argent, vous allez pouvoir construire d’autres bâtiments. La boucle est bouclée ! Toutes les actions ont des implications les unes dans les autres et c’est ça qui fait la complexité du jeu mais également sa finesse et sa richesse.

1584 Lisboa Swa 5Les stratégies

Il n’y a pas une multitude de stratégies différentes dans Lisboa. Vous n’avez pas le choix, si vous voulez l’emporter, il vous faudra reconstruire la ville. Lisboa est beaucoup plus subtil que ça et c’est dans la manière pour y arriver que vous allez pouvoir vous distinguer des autres joueurs. L’un va plutôt se concentrer sur les bâtiments publics, l’autre sur la production de ressources, l’autre sur l’optimisation de l’aide de l’église ou sur les bonus octroyés une peu partout. Les choix sont nombreux et parfaitement équilibrés.
La fin de chacune des 2 aires peut être influencée par les joueurs. Et c’est bien vu. Certains joueurs vont suivre une stratégie moins long terme que d’autres. Ils se devront alors de veiller à garder leur avantage en agissant sur la durée du jeu pour qu’il se termine plus tôt.

Les aides & icônes

Même si j’aurais préféré une plus grande variété de couleurs que ce bleu omniprésent, l’iconographie est très bien foutue et après quelques tours de jeu, vous aidera à vous passer des règles pour le reste de la partie. Il n’empêche qu’une aide de jeu est fournie afin d’expliquer les icônes apparaissant le moins souvent et certains mécanismes. Cette aide fait 8 pages !!! Du jamais vu. Il y a des règles de jeu qui font moins de pages que l’aide de Lisboa !! 🙂

Conclusions

Lisboa est une nouvelle grande réussite ludique d’un des plus grands auteurs du moment. Il est néanmoins à réserver aux joueurs les plus chevronnés pour qui un thème bien ancré n’est pas essentiel et qui n’ont pas peur d’1h30 d’explications de règles et d’un certain fouillis en début de partie pour bien maîtriser les tenants et aboutissants de chaque action. Une fois ces difficultés passées, Lisboa dévoile tous ses charmes et apporte une jouissance ludique rarement égalée. L’imbrication incroyable des actions permet aux meilleurs joueurs, grâce à des choix difficiles et subtils, d’optimiser leur stratégie afin d’être le meilleur constructeur de Lisboa la nouvelle.


chaps-1

Chaps7,5/10

Lisbonne a été détruite en 1755 par un tremblement de terre entrainant un tsunami mâtiné d’incendies… Nous allons reconstruire Lisbonne en nous servant des débris de cette destruction et de 3 nobles de la ville qui nous prêteront main forte, enfin… Si nous arrivons à les persuader. Attention Lisboa c’est du lourd, de l’expert, vos neurones vont fumer et la fiche va être longue.

Eagle Griffon Game + Vital Lacerda = Matériel sans concession.

Matériel de très grande qualité, habituel pour Vital Lacerda et Eagle Griffon Games, même si le plateau peut sembler trop bleu et du coup peu lisible, de même que les plateaux personnels. Donc grande qualité avec thermoformage aux petits oignons mais lisibilité perfectible.

Prend ta truelle.

Sur la moitié droite du plateau, Lisbonne. 4 rues dans lesquels nous allons reconstruire des bâtiments qui abriteront nos boutiques (il faut de l’argent pour reconstruire), beaucoup de points de victoire à la clef. En plus des boutiques nous bâtiront des bâtiments publics autour de ces rues, en faisant tout cela nous déblaierons des débris qui nous seront fort utiles (3 types de cubes : bleu liés au tsunami, rouge lié aux incendies, marron lié au tremblement de terre).

Un jeu qui a de la ressource

Oui, essentiellement pour le commerce mais pas uniquement : or, tissu, outils, livres et Reals (l’argent portugais). En début de partie vous ne pouvez pas stocker plus de 2 ressources de chaque type. Ces ressources servent aussi pour motiver les nobles à nous aider. Oui les nobles de Lisbonne, enfin 3 nobles.

Il y a de la noblesse dans la construction.

Partie gauche du plateau : les 3 nobles de Lisbonne. Chacun nous donne accès à 3 actions qui leurs sont propres (1 principale et 2 autres). Donc nous allons « activer » les actions de ces nobles, pour reconstruire les bâtiments, commercer, et débloquer les mécaniques imbriquées du jeu qui nous permettent de faire tout ça.

A vos cartes ! prêt ! Réfléchissez…1584 Lisboa 2

On a 5 cartes en main (venant d’un paquet spécifique en début de partie), d’autres sont sur le plateau de jeu pour refaire sa main à 5 à la fin de son tour (d’autres paquets spécifique, cartes face visible). A chaque tour on doit jouer une carte, obligé, vous commencez par ça, je joue une carte. Et donc à la fin du tour on reprend une carte.

Vous pouvez toujours la défausser pour 1 or, mais normalement vous ne ferez jamais ça ! Sinon reprenez un café et recommencez. Chaque action doit être prévue et nécessite des pré-requis d’où cette possibilité si vous avez joué sans planifier et que vous vous êtes coincé, dans un jeu hautement stratégique… Hum pas de planification ? Vraiment ?

Les cartes aussi ont de la noblesse, ou des trésors…

Ces cartes sont à l’effigie des nobles, donc 3 types de cartes, plus des cartes « trésor ». Soit vous placez la carte que vous jouez sur votre plateau personnel (c’est votre portfolio de cartes) soit sur le plateau principal (jouée à la cour du roi).

Une carte placée sur le plateau principal vous permet d’activer l’action principale du noble de la carte et une de ses deux autres actions au choix. Mais pour faire cela vous consommerez de « l’influence » (piste sur le plateau avec marqueur pour chaque joueur), cette influence vous la gagnerez en jouant les cartes sur votre plateau personnel, ça commence à s’imbriquer…

Une carte placée sur votre plateau personnel vous déclenche immédiatement un cadeau au combien bienvenu (ressources, influence ou autre) indiqué sur la carte puis vous offrira un bonus permanent très utile pour les « trésors » ou de l’influence pour les cartes nobles. Mais cette influence il faudra déclencher une autre action pour la gagner… Pour l’instant elle est potentielle… Vous sentez les multiples rouages aux interactions complexes ? 😉

Attention tout comme vous ne pouvez avoir que 2 ressources de chaque type en début de partie, vous ne pouvez avoir que 2 cartes dans votre portfolio ! (mais vous pouvez les remplacer aux tours suivants). Pour augmenter ces deux limites il faut accumuler des débris, pour chaque triplet rouge-bleu-marron, hop vous avez droit à une ressource de plus et une carte de plus dans votre portfolio (6 maximum), donc plus d’influence potentielle ou des bonus permanents en plus, ho combien important ! Les débris ? Souvenez-vous on les obtient en construisant des bâtiments. Comment ? Avec les nobles, en utilisant de l’influence via la pose de carte sur le plateau principal et l’activation de l’action principale de consrtruction.  L’influence ? Je vous l’ai dit grâce aux cartes nobles posées dans votre portfolio qu’il faudra « activer » pour récupérer l’influence… Hé oui je crois que vous commencez à cerner le jeu, les mécaniques commencent à tourner.

1584 Lisboa 3J’ai joué ma carte sur mon plateau personnel et c’est tout ?

Non bien sûr. Vous avez gagné votre cadeau et votre bonus permanent ou votre influence potentielle, maintenant vous pouvez soit vendre des marchandises pour avoir de l’argent, ce qui sera indispensable, l’argent est un moyen mais préparez-vous à en manquer ! Donc vous vendrez des marchandises. Soit vous activerez 2 actions « secondaires » différentes des nobles. Chaque noble demande une ressource par action, il y a 2 types de ressources utilisable par noble, à vous de voir ce que vous stockez en respectant la limite, augmentable via les débris, obtenus en construisant…. CQFD… 😉

Pour vendre des biens il faut des bateaux de commerce. Une action « secondaire » des nobles permet justement d’acheter un bateau (que l’on paye en ressource), un bateau est une carte qui vient prendre une place dans votre portfolio (avec influence potentielle) ! Puis vous le chargez. Chaque ressource chargée vous rapporte de l’argent immédiatement selon un cours qui ne fait que diminuer durant la partie. Vous vendez autant que vous voulez, si le bateau est plein alors vous empochez 1 point de victoire en plus par ressource dans le bateau ! Et… Vous pouvez aussi remplir le bateau des autres joueurs si vous n’avez pas assez de place dans les vôtres ! ça rapporte tout autant d’argent, mais si le bateau adverse est plein c’est le joueur adverse qui prend les PVs…

Donc si vous faites du commerce avec un bateau à vous, il faut l’avoir acheté avant via l’action d’un noble à un tour précédent, car après avoir joué une carte dans son portfolio SOIT on active 2 actions de nobles SOIT on vend des ressources on ne fait pas les deux.

Et les autres actions « secondaires » des nobles activables après avoir posé sa carte dans son portfolio ? Je vous les donnes sans trop rentrer dans les détails :

• Envoyer 1 notables chez 2 nobles : des Meeple à notre couleur que l’on pose sur le plateau principal, ces notables vont gêner les autres joueurs pour déclencher l’action principale dudit noble (via la pose de carte sur le plateau principal j’y reviens…).

• Prendre un plan : Pour construire des bâtiments publiques (vous vous souvenez ?) il faut commencer par avoir des plans, on les prend maintenant.

• Acheter un bateau (pour le commerce à venir, attention nombre limité), quand on achète un bateau on déclenche un gain d’influence en fonction des cartes nobles et des cartes bateaux présents dans notre portfolio ! Oui c’est là que l’influence potentielle devient réelle ! Comment ça je vous ai perdu en route ? ;).

• Produire des ressources avec nos magasins (que l’on a construit souvenez-vous), c’est là que l’on gagne des ressources en plus grande quantité.

• Aller prendre une tuile clergé… ho un nouveau truc ;).

• Prendre une faveur royale (1 type par noble), Encore un nouveau truc !

Les tuiles clergé vous apportent un bonus pour toute la partie, on peut en avoir 4 maximum, c’est très utile, il y a une mécanique particulière pour les gagner que l’on déclenche avec cette action, je ne détaille pas (et qui permet dans certains cas un gain d’influence). Les faveurs royales ? Gardez là dans un coin de votre mémoire 😉

J’ai joué ma carte sur mon plateau principal et c’est tout ?

D’abord sur les cartes trésor il y a au centre un gros bonus, on l’obtient en les jouant sur l’emplacement du plateau principal, la cour royale. Les cartes nobles ont les joue là uniquement pour activer l’action principale du noble en question, action fondamentale ! Mais pour cela on consomme notre influence (gagnée soit en cadeau lors d’ajout de carte au portfolio soit en activant nos nobles et bateaux dans notre portfolio soit via le clergé… hou… ça en fait des rouages 😉 ). Combien d’influence payer ? Pour cela il y a une piste qui varie sur le plateau (-1/0/+1) on y ajoute le nombre de notables des autres joueurs actuellement chez le noble en question (vous vous souvenez c’est une action « secondaire » après la pose de carte dans son portfolio d’envoyer des notables chez les nobles, tiens encore un rouage…). Donc il faut avoir l’influence nécessaire pour activer l’action principal d’un noble ! En plus de l’action principale on a droit à une et une seule action secondaire du noble et

STOP…

Si un autre joueur a une faveur royale à l’effigie du noble activé, il peut après vous, faire une seule des 3 actions dudit noble ! Une action en plus pour le joueur à cette manche ! Je vous avais dit de vous souvenir des faveurs royales 😉 Bien sûr lui aussi paye l’influence…

ON REPREND…1584 Lisboa 4

Les actions principales : 1-construire un bâtiment avec une boutique, 2-construire un bâtiment public. Donc le but du jeu ! Ou… 3-prendre un décret… Oui encore un truc, mais tout simple, il y en a toujours 8 disponibles, ce sont des points de victoire en fonction de conditions de fin de partie (si vous avez le plus d’or, si vous avez construit le plus de boutique dans tel rue… etc..), et ça score… et chaque groupe de 3 débris que vous avez accumulé vous permet de prendre 2 décret plutôt qu’un 😉

Bien, maintenant que vous avez votre truelle, bâtissons !

Tous ces rouages « mécanistiques » pour construire des bâtiments via l’action principale d’un noble. La boucle est bouclée.

Lisbonne est un quadrillage sur le plateau. Chaque colonne correspond à un type de bâtiment lié à une ressource (librairie pour les livres…), chaque ligne est liée à 2 bâtiments publics potentiels, le croisement ? On y met un bâtiment avec boutique à nous. Il y a aussi des bâtiments publics en haut des colonnes… Et… des débris répartis aléatoirement connectés à tout ça.

–          Construire un bâtiment avec boutique : d’abord les boutiques ce sont des pions « maison » en réserve sur votre plateau perso (8 en tout). Le retirer peut vous débloquer des bonus pour vous aider au cours de la partie ! choisissez bien vos pions 😉 Donc un bâtiment construit c’est : 1 débris gagné au choix selon sa position (vous vous souvenez on cherche à collecter des triplets de débris, si, si vous vous souvenez), de l’argent à payer pour construire selon une piste du plateau ajoutée aux débris restant autour dudit bâtiment, il va donc vous falloir de l’argent (donc vendre des ressources, donc des bateaux, donc produire ces ressources ou en obtenir via les cadeaux des cartes jouées dans votre porfolio… cricrac hé oui…). Et en plus, les boutiques, ça rapporte des PVs ! Selon la colonne où se trouve votre boutique et les bâtiments publics connectés (ou qui seront connectés plus tard), de 3 à 10 PVs. Et puis lors de production de ressources (via une action secondaire d’un noble déclenchée après avoir posé une carte…) on gagne en fonction des boutiques que l’on possède et donc de la rue où elles se trouvent. La position dépendra donc des débris à gagner, du coût, des potentiels bâtiments publics connectés et des PVs qui en découlent mais aussi des ressources produites et… d’une majorité ! Car PV fin de partie pour ceux qui produise le plus de chaque ressource… Oui je sais ça fait mal à la tête.

–          Construire un bâtiment public : Il faut avoir un plan (action secondaire d’un noble), l’utiliser, consommer des notables (nombre selon le plan) que l’on a envoyé chez un noble, ils reviennent sur notre plateau perso. On prend alors un bâtiment public et on le pose, généralement de façon à le connecter à nos boutiques pour les PVs… Et n gagne au passage 2 débris selon l’emplacement.

Il y a en permanence 2 bâtiments publics disponibles. De plus 1 ou 2 ressources sont indiquées sur les tuiles bâtiment publics, ce qui impacte leur placement à 2 niveaux : seules les boutiques produisant les dites ressources et connectés auront des PVs et si on le place en haut des colonnes (rue) il faut que le bâtiments public soit connecté à une rue (sa colonne) qui corresponde à une des ressources du bâtiment… hé oui ça fume…

Enfin sachez qu’il y a 2 périodes dans le jeu, avec à la fin de la première un petit scoring en fonction des triplets de débris, un changement des types de cartes bateaux et des types de cartes que l’on prend dans notre main.

Et pour finir les PVs il y en a partout en fin de partie : les décrets, les triplets de débris, les boutiques construites avec majorités, les bateaux que l’on possède, l’argent, les plans que l’on a utilisé pour les bâtiments publics et même les faveurs royales qui nous restent !

Lisboa c’est donc du lourd, du très lourd du trop lourd ? En première partie le jeu en souffre par un blocage d’une partie de nos neurones sur le fait de ne rien oublier, de ne pas faire d’erreur de règles. Cela gêne forcément la concentration sur la stratégie c’est un problème pour la fluidité, de plus une iconographie plus claire pour aider justement à résoudre ce problème aurait été bienvenue c’est le point négatif du jeu.

Mais à coté de cela j’ai très envie d’y rejouer car maintenant j’y vois plus clair ! Et tout fonctionne magnifiquement, Vital Lacerda a le don de huiler ses mécaniques de façon magique. C’est un jeu qui doit révéler toute sa saveur avec plusieurs parties, d’où la note de 7,5. Mais si je dois faire découvrir cet auteur à un joueur je sortirais plutôt The Gallerist que Lisboa. Même si je le répète, je perçois un plaisir de jeu qui ne se révèle pleinement qu’avec un peu d’expérience, peut-être reverrais-je alors ma note.

Et rappelez-vous ce que dit Ken Follett « Ce qui coûte le plus cher dans une construction ce sont les erreurs.


 


PhilRey201702Philrey:     8,5/10

Cela faisait un petit temps que j’attendais la livraison de ce jeu. On ne peut pas passer à côté d’un Lacerda!

Les règles:

Au début, je me suis dit que ça allait: rien de bien compliqué. Ensuite, on se mélange un peu dans la multitude d’actions disponibles en function de l’endroit où l’on joue la carte et la carte elle-même. Du coup, on prend un peu de recul et on s’y replonge. Donc, pas evident de bien tout capter mais les règles sont bien détaillées et pas (ou très peu) de point reste en suspend. En résumé, accrochez-vous quand même!

Les actions:

Leur disponibilité depend de 2 facteurs:

– La carte jouée: une carte Trésorerie ou une carte Noble. La première se paie en Reís et l’action est indiquée dessus. La deuxième se paie en Influence
– L’endroit où on la joue: sur son plateau individuel ou dans la Court Royal sur le plateau central.

Carte Trésorerie sur le plateau central: On dépense des Reís pour effectuer l’action indiquée sur la carte. Personne ne peut vous suivre.
Carte Noble sur le plateau central: c’est le choix, à mon avis, le plus puissant. En effet, il permet d’effecter 2 actions. Une actions d’Etat (parmi 2 au choix) et une action Noble (fixe). Icic, on dépense de l’influence en function de la presence d’officieux adverse dans le bureau concerné. Evidemment, il y a trois nobles dans le jeux: le « builder » qui permettra de construire des shops, le minister qui permettra de publier des décrets (cartes Objectif de fin de partie, source importante de PV) et le Roi qui permettra d’ouvrir des bâtiments publics.1584 Lisboa Swa 6

Les shops et les bâtiments publics sont lies. En effet, les deux sont nécessaires pour marquer des pV en cours de partie. Et le système est assez casse tête. On pourrait regretter ici le manqué de claret du plateau, fort touffu, laissant la porte ouverte à la confusion ou mauvaise lecture de prime abord.

Sur le plateau individuel, la mécanique est également touffue. D’abord, on est limité en nombre de carte dans son portefeuille, en function de nombre d’ensemble de débris complet que l’on a rassemblé. Ensuite, les cartes Noble se placent au dessus. On touche le bonus de dessous de la carte avant de la glisser sous son plateau. Le plateau est fait de sorte qu’il ne faut pas le soulever à chaque fois qu’on y glisse une carte (top!). De cette manière, on accroît son influence. On peut ensuite soit vendre des marchandises (pour autant que des navires aient encore de la place pour les accueillir) ou soit executer une des 6 actions d’Etat disponibles, en dépensant une marchandise.
Les cartes Trésorerie fonctionnent de la même manière mais sont places en dessous de son plateau et ne permettent pas de ganger de l’influence. Par contre, elles offrent un bonus permanent qui peut s’avérer bien utile dans votre stratégie.

Bon, il y a plein d’autres aspects que je ne reprends pas ici mais qui font de Lisboa un jeu complet et complexe.

Conlusion:

Lisboa est un jeu riche. Il regorge de symboles. Les règles sont quand même nombreuses et on se plonge dans l’aide de jeu fournie assez souvent. Notez que cette aide fait tout de même 8 pages, du jamais vu! On s’y plonge pour s’assurer que pour telle action, on oublie rien. On s’y plonge pour verifier la signification de tel symbole sur telle carte, on s’y plonge encore pour comprendre les tuiles. Toutes les composantes avec symbole sont numérotées pour les retrouver dans l’aide.
Etrangement, pas d’aide/rappel sur le décompte final.

La construction des shops et bâtiments publics est intéressant et reprend bien le thème.

La fin de partie qui depend de deux éléments permet à un joueur d’éventuellement racourcir la partie et perturber la stratégie des adversaires.

Il y a quand même une dose d’opportunité dans l’apparation des bâtiments publics. Il faut que l’un d’entre eux possède la couleur que vous voulez et que le bâtiment soit disponible à votre tour.

Le jeu est long et les tours sont parfois longs. Surtout si vous savez quoi faire ou que vous êtes un peu à la traine. Ceci dit, même à la traine, il est possible d’encore glaner des PV grace aux décrets.

Partant pour une nouvelle partie, c’est certain!


Pascal 2

Pascal:    9/10

Wouaw, quel jeu ! Trois jours après, mes neurones chauffent encore … Bon comme d’hab, mes adversaires habituels ont déjà décrit le jeu à la perfection, avec tout le talent qu’on leur connaît.  Focalisons-nous donc sur le ressenti personnel.

Première impression dès l’apparition de la boîte sur la table : le matériel est impressionnant. La taille de la boîte est XL (même taille que The Gallerist), un plateau de jeu immense, des petites tuiles bien épaisses.  Point de vue robustesse et travail réalisé, c’est magnifique, mais personnellement, je n’ai pas trop apprécié les couleurs tirant un peu trop sur le parme, un peu fade et froid (ok, je chipote).

Seconde impression, les règles sont interminables et plutôt touffues.  1h30 d’écoute intensive pour essayer de capter un maximum de détails … et de subtilités.  Les premiers tours se font dans le brouillard total.  Il faut clairement un petit temps pour comprendre les rouages et les différents éléments qui s’imbriquent.  Mais une fois la mécanique éclaircie, le jeu offre toute sa « puissance » et le plaisir ludique se révèle : quelle richesse de jeu, quelle consistance dans les actions et dans les effets de celles-ci.

Parmi les mécaniques top, les constructions des « stores » et des bâtiments publics apportent une belle interactivité entre les joueurs.  La manière de scorer est telle qu’il est difficile de gagner des points sans en donner à certains des autres joueurs.  Il faudra donc bien calculer pour en gagner plus que ce qu’on donne.  Et les fois suivantes, il faudra veiller à ne pas avantager trop souvent un même joueur ! Autre mécanisme très chouette (déjà vu dans The Gallerist entre autres) : la possibilité de jouer pendant le tour des autres joueurs (à condition de disposer du pouvoir).  Chaque fois qu’on choisit une action, il faut surveiller les autres joueurs qui pourraient suivre dans la foulée … Et dans l’autre sens, vous pouvez espérer/calculer qu’un joueur va faire une action que vous avez la possibilité de copier.  Et encore un autre aspect, la possibilité d’envoyer vos « officers » dans les bureaux de la ville.  Plus vous en envoyez, plus les actions des autres joueurs (d’un certain type) coûteront cher.  Et puis encore la possibilité de vendre des ressources via les bateaux des autres joueurs : cela permet d’éviter le coût d’un bateau personnel … mais cela donne des points de victoire au joueur chez qui vous vendez vos biens …  Il y a aussi les tuiles « clergé », qui peuvent être échangées contre des points de victoire à certains moments.

Soit, bref, résumons : quelle richesse ! quelle logique entre les actions et leurs effets ! quel … jeu !  Vous l’aurez compris, j’ai été conquis.

Petit bémol : le jeu n’est pas à mettre entre toutes les mains, il est vraiment exigeant et ne plaira qu’aux plus mordus du jeu de société, en quête de challenge mental.  Et comme dans tous les jeux casse-tête de ce gabarit, le tour de jeu peut être un peu longuet (mais contre-balancé un petit peu par la possibilité de jouer pendant le tour des autres).

 


Dan 3

Dan 9/10

Bon, autant le dire tout de suite, on est dans le très costaud!  Mais en compensation de l’effort nécessaire pour maîtriser les règles, dans le très bon aussi!

De par la complexité des règles (1h30 pour l’explication) et de par sa longueur (3h30 de jeu à 4), le jeu est indubitablement réservé aux « experts ».  Ces règles sont claires mais de par la multitude des convexions entre notions de points d’influence, points de victoire, argent, construction de bâtiments publics et privés, production de ressources, les divers limitations,… il y a moyen de se perdre!  J’ai eu l’impression de naviguer à vue pendant une demi-heure mais, avec les tours, le jeu tourne de mieux en mieux, et les stratégies possibles s’éclaircissent.  On prend alors conscience des subtilités du jeu qui n’en manque vraiment pas.

Vous l’aurez compris, en résumé, le jeu est excellent, bien équilibré et terriblement profond.  Les stratégies sont vraiment multiples et le jeu donne envie d’être rejoué après une première partie potentiellement désorientante de par l’aspect un peu touffu que Lisboa dégage au premier abord.


1584 Lisboa 8


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3 de réponses

  1. dalton dit :

    Je continue de préférer les auteurs Italiens de jeux comme Léonardo le magnifique qui cartonnent en ce moment et que vous avez oublié en début de commentaire !!!!

  2. Bidouille dit :

    Merci pour ces explications exhaustives de ce jeu…
    C’est vrai qu’il me parait excessivement tentant toutefois je pense que je ferai l’impasse dessus pour deux raisons :
    – le visuel, j’ai beau savoir que c’est volontaire les couleurs me font cruellement penser a un gros défaut de colorisation. Je crois que je m’y habituerai pas car a chaque fois que je vois la boite je me dis « Tiens y manque du jaune et du magenta là ».
    – la complexite : j’ai l’impression que si je joue a ce jeu, mon cerveau va faire une syncope, fondre ou subir une autocombustion… et moi j’aime mon cerveau, j’y tiens. ^^
    Bref ca ne sera probablement pas un Lacerda que je possederai.

  3. thrasho dit :

    Super explication ! En effet il faut un peu plus d’une heure de règle pour que les joueurs puissent comprendre le jeu. Il y aura toujours des questions durant la partie. Le jeu à l’air insurmontable après les explications, mais après 2, 3 tours de jeu, les stratégies commencent à se mettre en place. Mon groupe de joueur a déjà essayé tout les Lacerda et ils pensent que ce n’est pas le plus compliqué. Le jeu a fait l’unanimité auprès du groupe ce qui n’est pas le cas des autres Lacerda. En bref un super jeu. Et merci de proposer des critiques de jeux quasiment introuvable en boutique, cela m’a permis de trouver quelques pépites. .

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