Goa (édition 2026)
Auteur(s): Rüdiger Dorn
Illustrateur(s): Olivier Freudenreich, Xavier Gueniffey Durin
Editeur(s): Quined Games
Mécanisme(s): Arbre technologique, Asymétrie construite, Collection, Enchères, Gestion de ressources
Age minimum: 12
Nombre de joueurs: de 1 à 4 joueurs
Nombre de joueurs conseillé: de 3, 4 joueurs
Langue: Français
Vers la campagne


SwatSh
Goa est un jeu d’enchères sorti il y a 22 ans et que Quined Games (Stupor Mundi, Carnegie, Terramara) a décidé de rééditer en version améliorée au cours d’une campagne de financement participatif. Goa est un jeu du renommé Rudiger Dorn qui a fait d’autres jeux célèbres comme Istanbul, Rune Stones ou Il Vecchio.
Je n’avais encore jamais joué à Goa. Pourtant, le jeu a fait beaucoup parlé de lui depuis tant d’années tant ses qualités ont été vantées. Je ne suis néanmoins pas un grand amateur de la mécanique d’enchère, ceci explique cela 😉 En gros, j’estime que les enchères permettent trop souvent d’équilibrer un jeu de manière artificielle car ce sont les joueurs, par leurs enchères, qui l’équilibrent.
Mais ce n’est pas toujours le cas et Goa fait très certainement partie des exceptions à la « règle » 😉 . Entendons-nous, le cœur du jeu de Goa est son système d’enchères qui va servir à acquérir des tuiles mais ces tuiles sont grosso-modo bien équilibrées et c’est le jeu des joueuses qui va rendre plus intéressante une tuile plutôt qu’une autre en fonction de sa propre stratégie. Les enchères sont d’ailleurs très bien faites et coupent court aux systèmes interminables qui ne se terminent que quand tout le monde a passé. Non, ici, chacun a le droit de faire une seule enchère pour chaque tuile ce qui va augmenter la tension sur chaque enchère. Pour ça, je conseillerais d’ailleurs le jeu à partir de 3 joueurs minimum même s’il tourne bien à 2.
Goa se joue en 8 tours et chaque tour se divise en 2 phases. La première est la phase d’enchère et la seconde la phase d’action. Lors de la phase d’enchère, la première joueuse place son jeton première joueuse et son premier marqueur d’enchère adjacents à au moins une tuile. Ensuite, les joueuses suivantes vont placer leur marqueur d’enchère sur une tuile adjacente au précédent marqueur d’enchère placé jusqu’à ce que toutes aient placé leur marqueur y compris la première joueuse qui termine en en plaçant un second de telle sorte qu’autant de tuiles que de joueuses aient un marqueur d’enchère placé dessus.


On va alors commencer par la seconde joueuse qui va enchérir pour le marqueur première joueuse et une carte exploration. On va se limiter à un tour d’enchère se terminant par la première joueuse qui aura le choix entre accepter de recevoir l’argent de l’offre la plus élevée ou payer un de moins que cette offre à la banque pour garder son marqueur première joueuse et recevoir une carte exploration (des cartes qui apportent certains bonus immédiats). Les autres enchères pour les tuiles se déroulent de la même façon. On commence toujours une enchère pour une tuile par la joueuse assise à la gauche de la joueuse dont son pion enchère est situé dessus de telle sorte que la propriétaire du pion d’enchère termine l’enchère par soit accepter l’enchère la plus élevée et recevoir l’argent (ici des Pardaos, le pluriel de Pardau, une pièce d’argent du 18e siècle réalisée en Inde Portugaise et don la dernière a été frappée en 1859 à Goa, ça ne s’invente pas 😉 ) soit payer le montant de la plus grande enchère -1 à la banque pour l’obtenir. Ce système permet bien souvent à la joueuse qui a placé son marqueur sur la tuile de l’obtenir car la tuile n’intéresse pas toujours les autres qui vont ménager leurs enchères pour éviter de devoir donner beaucoup d’argent à une joueuse. Malin 🙂

Les tuiles à obtenir sont principalement des endroits de stockage pour les 5 ressources principales du jeu. D’autres vont permettre de gagner d’autres ressources ou des PVs simples ou conditionnels.

Après la phase d’enchère vient la phase d’actions durant laquelle chaque joueur va réaliser 3 actions à choisir parmi les 6 possibles. Tout se passe sur le plateau personnel des joueurs. Ce plateau comporte 5 échelles technologiques correspondant à 5 des 6 actions du jeu. Chacune de ces échelles va indiquer la puissance de l’action choisie. La première échelle, par exemple, va indiquer le nombre de cartes bateau qu’on peut piocher. Si mon marqueur se situe sur le premier échelon, je pourrai piocher 1 carte bateau, sur le second 2 cartes, sur le 3e 3,… Et chacune des autres échelles fonctionne de la même manière: gagner x ressources, recevoir x pièces (les pardaos 😉 ), piocher X cartes ou fonder une colonie plus ou moins importante.
5 échelles pour 5 actions, mais quelle est la sixième alors? Ben tout simplement monter sur ces échelles. Monter sur une échelle d’un cran va coûter des ressources et des cartes bateau. Et vous l’aurez compris, plus on monte sur les échelles, plus puissantes seront nos futures actions et … plus de points on gagnera en fin de partie!

Outre les magnifiques nouvelles illustrations de Naïade (Seasons, Zenith), les règles de base de Goa (qui restent les mêmes) se voient ajoutées ici de différentes variantes. Planned expansion permet de réduire le facteur chance (déjà très limité dans le jeu de base). Une version solo ainsi qu’une campagne solo sont ajoutées. Le module Bonanza ajoute des tuiles plus intéressantes aux enchères. Le module Gambit permet de pimenter chaque tour d’enchère en ajoutant des petites règles cocasses (on reçoit une compensation quand on perd son enchère, un bonus quand on en gagne une, obligation de surenchérir par 3,…). Le module Stories ajoute une règle (parmi 5) spécifique à chaque partie comme des PVs conditionnels supplémentaires ou des coûts supplémentaires pour certaines actions). Enfin, le module Capitaine ajoute une capacité à chaque joueur comme d’avancer d’un cran sur une technologie durant la mise-en-place ou gagner des ressources supplémentaires quand on fait une certaine action.

Goa est un jeu d’enchères assez simple finalement et s’appréciera dès 12 ans. Il consiste à enchérir essentiellement pour des tuiles qui nous permettront de produire et de stocker des ressources nécessaires pour progresser en technologie afin d’avoir un beau crescendo dans la puissance de ses actions et dans les PVs à gagner. Le système des enchères est très bien fait car il évite les écueils habituels de longueur et lourdeur tout en offrant des choix très inétressants entre recevoir l’argent de l’enchère ou acheter la tuile à moindre prix. Les Pardaos (l’argent) sont évidemment très importants et monter un minimum sur cette technologie semble primordial si on veut pouvoir rivaliser sur les enchères qui nous intéressent le plus (comptez sur les autres pour vous empêcher de les gagner à moindre prix 😉 ). Mais l’argent ne fait pas tout et vous pourrez, étonnamment, opter pour différentes stratégies dans Goa comme de se concentrer sur les échelles, sur les points alternatifs et/ou sur les colonies. De plus, vos choix de technologies à avoir vont pouvoir varier de partie en partie car être au top sur toutes les échelles s’avère impossible à réaliser et il y a des alternatives à chaque échelle (des tuiles permettent de gagner des ressources ou des cartes en vous passant d’une technologie). La tactique a son mot à dire également en permettant aux joueurs de profiter des effets immédiats des cartes piochées. Et même si, au fond de soi, on aurait aimé une version améliorée du jeu de 2004, Goa, avouons le, ne nécessite aucun lifting pour être apprécié encore maintenant. Ses nouveaux modules ajoutent néanmoins pas mal de piment au jeu d’alors en lui insufflant un vent de nouvelles variabilités bien sympathiques.















