Paroles d’illustrateur: Vincent Dutrait


Bonjour Vincent, pouvez-vous vous présenter en quelques mots:

Bonjour aux lecteurs de Vindjeu, 

Je suis Illustrateur depuis une trentaine d’années. J’ai étudié à l’école Émile Cohl. J’ai 49 ans et je vis en Corée du Sud, où j’ai suivi ma femme. 

A la sortie de l’école,  j’ai commencé à travailler dans l’édition jeunesse.

Comment avez-vous commencé dans le jeu de société ?

J’ai toujours été joueur, déjà enfant dans ma famille on jouait aux jeux de société. Entre 2005 et 2010, je travaillais dans le livre pour enfant mais cela battait de l’aile, c’est la que je me suis tourné vers le jeu de société. A l’époque il n’y avait pas autant d’illustrateurs sur le marché. Quand je me suis mis aux jeux de société   j’ai d’abord acheter tous les magazines Plato et je les ai tous lu. J’ai également contacté un fabricant pour mieux comprendre le marché. Depuis, je ne fais plus que du jeu de société. 

Comment travaillez vous ?

Je commence toujours par des dessins au crayon. Le numérique m’aide surtout pour faire du montage mais pas pour dessiner ou peindre.

Je fais également un gros travail de recherche avant de commencer à dessiner. 50 % de mon travail est dédié à la recherche.  Je vais chercher partout, comme dans la gravure sur bois par exemple.  Plus mon travail de recherche est abouti, plus je suis à l’aise pour dessiner.

Avez-vous une anecdote à raconter sur l’un de vos travaux?

Lorsque je travaillais sur le jeu Heat de Days of Wonders, je devais retranscrire l’ambiance des années 70 et 80. J’ai alors contacté un Illustrateur anglais spécialisé dans les illustrations de voitures pour échanger avec lui. 

Pour le jeu La course vers El Dorado,  une première version était sortie et un peu passé sous les radars. C’est Reiner Knizia qui m’a contacté pour refaire les illustrations de la nouvelle version. On a travaillé ensemble et au final Ravensburger à réédité le jeu.

Parmi vos travaux, lequel vous a le plus enthousiasmé ?

Detective: enquêtes à Los Angeles.  C’était ce que j’appelle un projet  » bac à sable » . Il y avait une multitude de choses à faire sur des supports différents. Un projet formidable édité chez La Boîte de Jeu.

Pensez-vous que l’IA est un danger pour les Illustrateurs et le monde du jeu en général ?

Je suis assez nuancé sur le sujet. Bien sûr,  au niveau legal, il y a du travail à accomplir pour pallier aux vols de travaux d’illustrateurs.  Je pense que cela va détruire des emplois mais que du bon peut également en sortir. Il m’arrive d’utiliser l’IA pour faire des tests.

Depuis 30 ans,il y a déjà eu le choc du numérique, j’ai cru que mon travail était terminé, j ‘ai failli arrêter ce que je faisais  mais j’ai réussi à m’adapter. Je pense qu il en sera de même avec l’IA, le marché va s’adapter. 

Merci beaucoup Vincent d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Vindjeu
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