Baghdad : The City of Peace
Illustrateur(s): Roland MacDonald
Editeur(s): Alley Cat Games
Mécanisme(s): Gestion de main de cartes, Multiples bonus, Objectifs privés, Placement d'ouvriers
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Clem: 9/10
Baghdad : The City of Peace est issu d’une campagne de financement participatif et était disponible au tout dernier salon du jeu d’Essen qui vient de se terminer. J’ai donc eu la chance de pouvoir tester un peu en avance (merci Guillaume!!) ce nouveau titre du duo italien particulièrement apprécié chez Vin d’Jeu : Fabio Lopiano et Nestore Mangone. Ces deux auteurs, dont la réputation n’est plus à faire, sont très prolifiques en ce moment et ils ont déjà conçu bon nombre d’excellents euros, ensemble ou avec d’autres auteurs, comme Shackleton Base : A Journey to the Moon, Ayar : Children of the Sun, Sankoré : the Pride of Mansa Musa, Autobahn, Merv : the Heart of the Silk Road, Darwin’s Journey, Newton ou encore le tout récent Stupor Mundi.

Baghdad : The City of Peace ne semble pas particulièrement complexe de prime abord. Les règles sont relativement simples, faciles à expliquer et rapidement assimilables. Pourtant, il ne faut pas s’y tromper car derrière cette apparente simplicité se cache un véritable jeu expert, clairement destiné aux amateurs d’eurogames. Sans introduire de mécaniques révolutionnaires, le jeu porte indéniablement la patte des ses deux auteurs italiens.

Cet opus transporte les joueurs dans l’âge d’or de la cité de Baghdad, où chacun incarne un vizir cherchant à accroître la renommée et la prospérité de sa famille.
La mécanique centrale repose sur un système de cartes qui permet à la fois d’effectuer des actions, mais également d’obtenir des ressources, des bonus ou encore des points en fin de partie. À son tour, un joueur doit obligatoirement jouer une carte qu’il place sous son plateau individuel. Elle vient s’ajouter aux cartes des 2 précédents tours. Ainsi, hormis au début du jeu (2 premiers tours), il y aura toujours 3 cartes en dessous du plateau de chaque joueur.

En début de tour, les cartes glissent vers la droite, et à partir du quatrième tour, celle qui sort de la zone active est évaluée (partie basse de la carte). Si les conditions indiquées sur la carte sont remplies, le joueur obtient immédiatement son bonus ou des points de victoire en fin de partie. Baghdad est donc un jeu de planification à moyen terme, où chaque carte offre trois tours pour réunir les conditions nécessaires avant sa résolution.
Avant d’effectuer son action principale, le joueur vérifie si un symbole “bateau” est présent sur la dernière carte jouée et le cas échéant, il peut déplacer ses navires sur l’un des deux canaux. Ces bateaux servent à récolter des ressources ou de l’argent et contribuent également au score final lorsqu’ils atteignent le port.
Ensuite, le joueur déplace son vizir sur le quartier suivant du plateau principal, représentant la ville divisée en quatre zones autour du palais royal, que les joueurs vont construire progressivement au fil de la partie. Les actions disponibles permettent notamment de construire des bâtiments, soigner des malades, recruter des étudiants, récupérer des artefacts ou ériger le palais. Quatre de ces actions alimentent des pistes personnelles sur le plateau joueur : en y plaçant les jetons d’action obtenus, on déclenche des combos et des bonus croisés entre les différentes pistes.

Baghdad est donc un jeu de combos et d’optimisation.
Le scoring, typique des euros modernes, prend la forme d’une véritable salade de points : tout peut rapporter, depuis les pistes personnelles jusqu’aux emplacements du plateau central. L’enjeu est d’optimiser au maximum chaque source de points et de tirer le meilleur parti des cartes en main. Le jeu se transforme alors en un savoureux casse-tête où il faut sans cesse s’adapter pour tout faire comboter. Ainsi, si les règles sont simples, la profondeur du jeu ne l’est pas. L’expérience variera fortement selon les profils : un joueur aguerri s’épanouira dans cette mécanique de planification millimétrée, tandis qu’un joueur occasionnel pourrait trouver l’ensemble plus ardu qu’il n’y paraît.

L’interaction, majoritairement indirecte, est bien présente avec une petite compétition pour les positions du vizir et des architectes sur le plateau central. Elle se traduit également à travers l’acquisition des cartes. Il est donc nécessaire de bien observer les mouvements adverses pour adapter sa stratégie et saisir les opportunités avant les autres.
La rejouabilité est assurée par la présence de modules additionnels qui peuvent être intégrés pour renouveler la physionomie des parties et augmenter un peu plus le challenge offert par Baghdad. Le temps de jeu est très raisonnable car même si le jeu demande pas mal de réflexions, il ne pousse pas non plus à trop d’analysis paralysis. On peut tabler sur un 30-45 min par joueur.
Comme tout bon eurogame, le thème reste en arrière-plan, sans être totalement effacé. Quelques éléments comme les cartes où la construction du palais contribuent néanmoins à le rendre un tant soit peu présent.
Baghdad : The City of Peace s’adresse avant tout aux amateurs d’eurogames qui apprécient la planification et l’optimisation afin de générer des combinaisons les plus ingénieuses possibles et de maximiser son scoring final. Même s’il présente une complexité un ton en-dessous par rapport à ce que ses auteurs ont l’habitude de proposer, il reste très plaisant, bien équilibré et très bien réalisé.

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