Les Conquêtes Sociales : revoyez votre histoire des luttes en France !
Illustrateur(s): Adélaïde CAMP, Hossein TAGHIZADEH
Editeur(s): Coco Cherry
Mécanisme(s): Déduction
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Vincent : 6,5/10
Sorti tout fraîchement en cette fin d’été 2026 par les éditions Coco Cherry, Les Conquêtes Sociales est à la lisière entre le jeu de société et le document d’histoire. Il reprend complètement la mécanique de pose de cartes qu’on retrouve dans Timeline en choisissant de traiter le sujet des luttes sociales en France.
Le jeu propose deux types de cartes : des cartes « Lutte » et des cartes « Loi ». Les cartes sont recto/verso : au recto un événement ou une loi illustrés par une image et un texte ; au verso, la date qui correspond. En début de partie, les joueurs ont une main de quatre cartes « Lutte », posées devant eux, côté recto. Ce sont ces cartes qu’il va falloir poser sur une frise chronologique qui va se développer au gré des poses de cartes des uns et des autres.


Si on pose un événement au bon endroit, on peut alors relever le défi de placer une carte « Loi », tirée dans le paquet idoine (action facultative), ce qui pourra amener un bonus permettant de chiper une carte à un adversaire, qu’on pense plus évidente à poser dans la frise chronologique (on lui refile une carte de notre jeu, qu’on ne sait pas trop où situer).
Il n’y a donc rien de neuf en ce qui concerne la mécanique ludique, le but d’une partie étant de se débarrasser de toutes ses cartes ou d’en avoir le moins possible si un joueur pose une quinzième carte dans la frise.
C’est pour ça que je commençais cette petite chronique en évoquant un jeu « à la lisière » de deux univers : le ludique et l’historique. En fait, c’est bien cette partie historique qui m’a le plus intéressé, parce qu’on essaie de situer des événements, des luttes, des moments de notre histoire qu’on a appris, qu’on connaît, qu’on a parfois oubliés et qui forment l’un des ciments de notre société actuelle… A la maison, on joue en essayant de poser nos cartes les premiers, mais on prend surtout le temps, avec curiosité, de revoir les événements qui sont proposés. La rejouabilité est assez faible, puisqu’il n’y a « que » 48 cartes Lutte et 24 cartes Loi, mais l’essentiel est ailleurs car l’éditeur propose volontairement une ligne éditoriale marquée idéologiquement…
Les Conquêtes Sociales se veut en effet un instrument d’éducation / de rappel aux grandes luttes sociales, à l’heure des temps politiques et sociétaux actuels. Cette ligne éditoriale est marquée et les joueurs doivent avoir cela à l’esprit : ce parti pris de l’éditeur ne m’a personnellement pas dérangé mais il faut simplement le souligner ici. On a dans les mains un jeu qui se revendique militant.
J’indique aux lecteurs que m’a note n’a pas grande valeur : on a un jeu qui imite son grand frère Timeline en offrant un thème ciblé et marqué. Il est compliqué de proposer une évaluation « franche et objectivement critérée », parce que le jeu ne le permet pas nécessairement… En tout cas, voilà un moyen de rafraîchir la culture de chacun en matière de luttes et d’acquis sociaux ; c’est à tout le moins intéressant à l’aune des grands enjeux qui attendent nos sociétés contemporaines dans le futur proche.
Pour finir, ce petit test : saurez-vous dater les deux cartes Loi ci-dessous, proposées dans le jeu Les Conquêtes Sociales (attention, j’indique la réponse juste en bas de la photo – ne descendez pas trop vite au bas de la page si vous ne voulez pas que voir les réponses apparaître trop brutalement !) ?

Les réponses : la création de l’assurance chômage a lieu en 1958, tandis que l’interdiction du travail des enfants de moins de 8 ans date de 1841…
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