Fliptoons
Auteur(s): Jordy Adan, Renato simoes
Illustrateur(s): Diego Sa
Editeur(s): Sylex
Mécanisme(s): Deckbuilding
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Oftenlight : 9,5/10
Après un an d’attente par rapport au monde anglophone, j’ai enfin pu mettre la main sur une petite boîte qui nous fait jouer un agent artistique cherchant les six meilleurs talents pour créer la meilleure série animée. Mêlant deckbuilding, gestion de deck, mais aussi combos à la Faraway ou Château Combo, avec une direction artistique cartoon qui ne peut que conquérir mon cœur, me voilà face à l’un des jeux que j’attendais le plus en cette année 2026 ! Son nom ? Fliptoons, créé par Jordy Adan et Renato Simões, illustré par Diego Sá, est sorti en octobre 2026 pour une expérience addictive… mais si forte que cela ?
Addiction familiale
Fliptoons est un petit deckbuilding. L’objectif : marquer le plus de points avec une combinaison de six cartes. On commence tous avec le même deck de talents. Chaque carte possède un pouvoir et ajoute des points de renommée.
À chaque manche, chaque joueur va piocher ses cartes pour faire un tableau de deux lignes de trois cartes chacune. Si une carte possède un effet lors de cette manche, alors celui-ci s’active dès qu’elle est révélée.
Le jeu s’amuse avec le hasard. À chaque manche, on mélange notre deck et on pioche, on ne choisit donc pas où placer nos cartes. Si une carte nous dit qu’elle fait plus de points en étant sur la ligne du haut, on espère que cela arrive ; si une carte nous dit que la prochaine carte sera retournée (et donc n’apporte pas de point), on croise les doigts pour qu’elle soit piochée en dernier.

La seconde phase de la manche nous permet de dépenser notre renommée pour acheter de nouveaux talents et pour renvoyer les talents qui ne servent pas.

Les talents sont répartis dans une rivière de cartes dont le prix évolue de manière astucieuse. Les cartes ont toutes une valeur nommée « rang ». Si une carte donne beaucoup de renommée ou possède un pouvoir très puissant, alors son rang sera élevé. Les cinq cartes piochées pour faire la rivière sont classées selon leur rang dans l’ordre croissant, leur prix est aussi croissant. Ainsi, le coût des cartes n’est pas fixe. Si nous avons les cinq meilleures cartes du jeu dans la rivière, au moins une ne coûtera pas cher. À l’inverse, une petite peut avoir un grand prix. Ceci rend le marché vivant, les cartes et leur rentabilité différentes à chaque manche, plus de mouvements dans nos parties.
Renvoyer un talent signifie le bannir de son deck. Cela coûte cinq de renommée et permet de garder une certaine maîtrise du hasard. Si je ne fais qu’acheter de nouveaux talents, mon deck dépassera les six cartes et je ne saurai absolument pas comment mes talents vont se positionner dans ma grille. Au contraire, si je purifie mon deck en renvoyant les talents inutiles, alors je piocherai toujours les mêmes talents et je pourrai maîtriser un peu plus le hasard. Une mécanique que l’on connaît dans les deckbuildings, poussée dans son paroxysme dans celui-ci.
Si un joueur réussit à dépasser les 30 points de renommée avec sa grille, on jouera une dernière manche et celui qui aura le plus de points gagnera la partie. Ce qui veut dire qu’atteindre 30 de renommée ne nous fait pas gagner, mais déclenche la fin de partie. Il ne faudra pas être fort une seule fois, mais bien deux fois, une mécanique qui ajoute encore un peu de chance, mais que l’on peut maîtriser.

Et c’est la force du jeu. Tout semble hasardeux à première vue, et pourtant, on peut tout maîtriser si on optimise bien. On peut aussi faire confiance à la chance pour gagner plus vite, mais sans régularité, on risque finalement de perdre avec ce scoring final.
Les parties ne durent que 15 minutes, tout s’apprend très vite, les effets sont assez nombreux pour créer des tableaux différents, mais ne sont pas trop nombreux pour rester efficaces. Fliptoons maîtrise ce qu’il produit autour de la table.
Addictif ? Un grand oui ! En deux soirées jeux dans une association, le jeu n’a pas quitté sa table. Un joueur précédent proposait toujours de faire deux parties pour initier d’autres joueurs, et ainsi de suite. Sa direction artistique nous le rend sympathique et lisible, le contrôle ou non du hasard le rend d’autant plus addictif.
Familial ? Aussi, et c’est important de le dire ! Le jeu est plus accessible qu’un Château Combo et Faraway. Nous comprenons tout de suite les subtilités, les cartes se répètent, créant une connaissance rapide et donc une sensation de maîtrise plus forte que les jeux cités précédemment. Il faut le savoir, le jeu vise un public familial et cela est loin d’être un défaut !
Verdict
Fliptoons fait partie de ces petites boîtes marquantes, celles dont on parle comme référence dans nos débats ludiques, celles dont personne ne refuse une partie pour commencer ou finir une soirée et qui, finalement, ne refuse pas non plus une revanche après. Fliptoons fait partie de ces petites boîtes dont on attend impatiemment une petite extension ou une autre boîte pour ajouter encore plus de possibilités, sans perdre les joueurs moins experts dessus. Il fait aussi partie de ces boîtes dont on a l’impression d’avoir fait le tour rapidement, gage d’accessibilité, mais qui peut donc être frustrant pour les joueurs plus aguerris.
Fliptoons est une très belle réussite, qui reste hyper accessible et dont je vais m’empresser de finir cette critique pour relancer une partie !

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