Rock Hard: 1977

Note moyenne
8.5
(1 note)
Règles: 45'
Année:
Auteur(s):
Illustrateur(s):
Editeur(s): ,
Mécanisme(s): , , , , ,
Contient du plastique
Catégorie: Initié
Age minimum: 14
Nombre de joueurs: de 2 à 5 joueurs
Fabriqué en: Chine
Langue: Français
Note moyenne des lecteurs : pas encore de note !
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Clem: 8,5/10

Rock Hard 1977

Rock Hard 1977 est le premier jeu de société de Jackie Fox, ancienne bassiste des Runaways, groupe de rock féminin américain dans lequel elle a joué dans les années 1970. Le jeu est directement nourri de son expérience de cette époque. Conçu pendant le confinement de 2020, Jackie Fox revendique que le choix du thème est venu avant les mécaniques et celles-ci ont ensuite été pensées pour retranscrire le parcours d’une jeune musicienne ou d’un jeune musicien cherchant à percer dans le monde de la musique et du show biz.

Le jeu est un placement d’ouvriers dans lequel chaque joueur incarne un musicien cherchant à devenir l’artiste le plus populaire de 1977. Outre le nom, le look et la spécialité (chanteuse, batteuse, guitariste, bassiste, etc.), les personnages ont 3 compétences qu’ils vont faire progresser au cours de la partie : la technique, la réputation et les chansons. Cependant, le jeu introduit de l’asymétrie dès le début de la partie. En effet, les dix personnages proposés dans Rock Hard 1977 possèdent leurs propres capacités spéciales et les managers apportent eux aussi des effets spécifiques.


La partie se déroule sur un maximum de 9 manches, d’avril à décembre (1977), chaque manche représentant un mois. Une manche est elle-même divisée en trois phases : jour, soir et nuit. Le jour c’est le moment où on peut répéter, engager des techniciens pour les concerts, négocier ses contrats avec les maisons de disque et faire progresser sa réputation via des contrats publicitaires. Le soir, c’est le temps des concerts, des petites salles crasseuses au plus grands stades en passant par des concerts improvisés. Enfin la nuit, il est possible de passer en studio d’enregistrement pour obtenir une démo qui va permettre de négocier des contrats et espérer enfin faire décoller sa carrière, mais c’est également le moment des virées nocturnes dans les lieux les plus branchés de Los Angeles!!! Car oui, l’action de Rock Hard 1977 se déroule à L.A.

Le découpage en trois phases donne également une contrainte intéressante aux choix car toutes les actions ne sont pas disponibles à tous les moments de la longue journée de la star montante et certaines opportunités ne peuvent être saisies que durant une phase précise. À chaque phase, les joueurs disposent normalement d’une seule action à réaliser, en plaçant leur pion sur un emplacement disponible. Cela fonctionne sur le principe du premier arrivé, premier servi !! C’est simple, mais l’ordre du tour prend alors une importance capitale.

La progression des musiciens constitue le fil conducteur d’une partie de Rock Hard 1977. Au début, il faut jongler avec un petit boulot, peu d’argent et des statistiques faibles. Il faut progressivement développer ses compétences, ses chansons et sa réputation pour accéder à de nouvelles opportunités. Les concerts constituent évidemment une source importante de popularité, mais ils demandent de remplir certaines conditions et nécessitent parfois d’avoir engagé des techniciens ou obtenu un contrat d’enregistrement. Le jeu pousse donc à construire sa carrière par étapes plutôt qu’à simplement enchaîner les actions rapportant le plus de points.

Pour cela, il y a tant à faire et malheureusement les joueurs ne possèdent qu’une seule action pour chaque phase comme je l’ai dit précédemment… mais heureusement, il y a possibilité de prendre des bonbons magiques qui vont provoquer des chocs glycémiques et offrir la possibilité de se décupler afin d’ajouter des actions!!! Mais attention, comme toutes les bonnes choses, il faut savoir les consommer avec modération car l’addiction guette nos chers musiciens et quand on tombe dedans, il faudra alors passer par la case « Détox »!! Cette mécanique de prise de risque dissimulée habillement derrière « d’inoffensifs » petits bonbons est vraiment excellent et colle parfaite au thème du Show Biz ;-).


L’interaction est omniprésente car de nombreuses actions sont uniques et ne peuvent être réalisées que par un ou deux joueurs (config 2-3 j ou 4-5 j) à chaque manche. Cela créé une bonne tension et il va falloir gérer sa position dans l’ordre du tour. Or celui-ci se décide à la fin de la phase de nuit… il va donc parfois falloir se montrer raisonnable et ne pas trop abuser des virées nocturnes !!


Côté timing, le jeu est un peu long. En effet, il se joue en 9 manches où moins si un joueur particulièrement brillant arrive à engranger 50pts. Les points se gagnent donc pendant la partie mais également après avec des objectifs communs et personnels notamment. L’effet de monté en puissance progressive atténue toutefois un peu ce sentiment de répétition des tours. Lors des premières parties, on est également obligé de se plonger à quelques moments dans les règles… En effet, le jeu peut paraître de prime abord assez fouilli avec un plateau de jeu très chargé, un livret de règles conséquent pour un jeu intermédiaire mais c’est le prix à payer pour avoir un titre qui intègre très bien son thème aux mécaniques. Le jeu est au final assez simple, mais pour plus de réalisme, il y a beaucoup de petits détails. Il y a malgré tout beaucoup d’éléments de contextes et de spécificités à prendre en compte et surtout ne pas oublier. Cela ne complexifie pas le jeu mais il faut qu’un joueur (celui qui maîtrise bien les règles) endosse le rôle de superviseur pour rappeler aux joueurs les règles spécifiques liées à l’évènement unique de chaque manche, la capacité de son personnage, la capacité de son manager, les objectifs communs et perso (qui guident tout de même les joueurs) et enfin les effets potentiels d’autres cartes. C’est ce qui contribue au côté histoire unique de chaque partie mais on a vite fait d’oublier tous ces détails…

Côté matériel, tout est fait pour se sentir immerger dans le thème. Le thème est évidemment le gros point fort de Rock Hard 1977. Il est vraiment très présent dans toutes les mécaniques de jeu. Les différentes étapes de la progression des artistes qu’incarnent les joueurs correspondent réellement à ce que l’on attend d’un musicien qui cherche à percer : répétitions, composition, promotion, concerts, contrats et recherche de notoriété. Les plateaux individuels prennent la forme d’amplis, avec des potentiomètres permettant de suivre les différentes caractéristiques du personnage, dont les valeurs peuvent monter jusqu’à 11. Les jetons d’ordre du tour sont des médiators et l’argent prend l’apparence de billets de dollars. L’ensemble est assez abondant avec notamment 231 cartes, 10 plateaux Personnage, 5 amplis individuels, etc.

Au final, Rock Hard 1977 est un jeu de placement d’ouvriers assez accessible dans son fonctionnement mais qui propose suffisamment de choix pour accompagner la progression de son personnage. Les mécaniques du jeu ne sont pas révolutionnaires mais le thème est très présent dans toutes les actions. On sent la montée en puissance progressive avec des contrats signés de plus en plus importants et des concerts de plus en plus importants. C’est vraiment excellent. Il y a la place pour un côté « roleplay » et même histoire personnelle à chaque partie. Rock Hard est donc une très belle surprise et j’y rejouerai bien volontiers pour écrire une nouvelle histoire d’une star du rock à chaque partie!!



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