Ace of Spades

Note moyenne
7
(1 note)
Mise en place: 5' - Règles: 5' - Partie: 40'
Année:
Auteur(s):
Illustrateur(s):
Editeur(s):
Distributeur(s):
Mécanisme(s): ,
Catégorie: Initié
Age minimum: 14
Nombre de joueurs: de 1 à 2 joueurs
Nombre de joueurs conseillé: de joueurs
Langue: Français
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Oftenlight : 7/10

Sweet Heaven, Arizona. Les terribles “coyotes à foies jaunes” sèment la terreur dans le Far West avec leur chef démoniaque, Lord Overkill. Heureusement, le shérif, détenteur d’une ancienne magie, compte bien se venger avec son paquet de cartes de poker. Parviendra-t-il à se défaire de tous les ennemis avant d’affronter leur terrible chef ? Arrivera-t-il à envoyer six pieds sous terre le boss des coyotes ? C’est le défi que nous propose Ace of Spades – La vengeance de l’as de pique – imaginé par Benja Amorin, adapté en français par Iello et illustré par David Rubin. Ace of Spades est un jeu de combinaisons de poker et de gestion de main pour 1 à 2 joueurs, à partir de 14 ans, pour des parties d’environ 40 minutes. Chaque partie vous demandera d’éliminer onze ennemis avant d’affronter le boss, Lord Overkill. Voyons ce qu’il y a dans la boîte ! 

Balatro… Mais pas trop !

Je vais vous faire une confession, quand je ne joue pas aux jeux de société, je joue aux jeux vidéo. Un des derniers jeux qui m’a rendu accro s’appelle Balatro. On crée un deck de cartes classiques et on essaye de faire des combinaisons de poker avec, on achète de nouvelles cartes avec de nouveaux pouvoirs, on achète aussi des jokers qui viennent changer les combinaisons. Un jeu vidéo qui rend accro avec un nombre de combos infini ! J’avais alors une grande attente pour Ace of Spades : en faire un balatro version jeu de société. Pari réussi ? Pas tout à fait, mais je ne suis pas négatif non plus, loin de là. 

Dans Ace of Spades, vous incarnez le shérif muni de votre paquet de 52 cartes. On installe le paquet ennemi à l’aide de cartes pour mettre le boss, Lord Overkill, à la fin du paquet. On pioche 8 cartes, le premier ennemi et c’est parti pour le premier combat ! Chaque ennemi a un nombre de points de vie, un nombre de balles que l’on peut tirer, représentant le nombre de mains de poker que nous allons pouvoir jouer, ainsi qu’un nombre de recharges, représentant le nombre de fois où l’on peut défausser nos cartes. Pour plus de lisibilité, le jeu nous propose de reporter ces chiffres sur un plateau récap, qui permet de rappeler toutes les règles, et c’est plutôt efficace.

À notre tour de jeu, nous pouvons faire trois actions : 

  • –> Jouer une combinaison de poker avec cinq cartes et infliger des points de dégâts à l’adversaire. Par exemple, une paire inflige un dégât alors qu’une couleur en inflige cinq. Les figures ajoutent un point de dégât et les As ajoutent trois points de dégâts. Ainsi, une paire de roi inflige trois dégâts contre sept pour une paire d’As.  On défausse les cartes jouées, on pioche des cartes pour en avoir 8 en main et on abaisse le nombre de balles de un. Si le compteur arrive à zéro avant les points de vie de l’adversaire, alors nous perdons la partie. Si l’adversaire est vaincu, on gagne son pouvoir et on passe au prochain ennemi. 
  • –> Défausser X cartes et en repiocher autant que possible. On abaisse de un le compteur de défausse. Si celui-ci est à zéro, cette action n’est plus possible. 
  • –> Mélanger les cartes de la défausse avec le deck. On abaisse de un le compteur de défausse. Si celui-ci est à zéro, cette action n’est plus possible. 

Avec seulement trois actions possibles, Benja Amorin nous propose une grande profondeur de gestion de main. Dois-je mélanger la défausse, attaquer mais ne pas faire de grands dégâts, défausser et espérer tomber sur une meilleure combinaison ? Tant de choix à faire qui impacteront les combats suivants. Une fois un ennemi vaincu, on garde notre main de cartes et la défausse reste telle quelle. Si j’ai joué une combinaison avec des As, alors je les aurai en défausse pour le combat suivant. 

Chaque ennemi vaincu nous offre un pouvoir que l’on peut utiliser pour nos prochains combats. Ceux-ci facilitent la possibilité de faire des couleurs, changent les valeurs des cartes, etc. De quoi nous rendre plus forts pour affronter des ennemis toujours plus forts. 

Mécaniquement, ça fonctionne bien. Les choix ne sont pas évidents à faire et on sent que la courbe de difficulté augmente jusqu’au boss. 

Cependant, le jeu demande beaucoup de manipulations pour mettre à jour les chiffres importants dans un combat. Je fais une combinaison de poker, je dois descendre deux rouages, défausser les cartes et en piocher de nouvelles. Ce ne sont pas de grandes manipulations mais elles prennent autant de temps que la réflexion avant de jouer. On se sent alors très vite coupé dans notre élan et parfois moins engagé dans le jeu à cause de cela. Le paquet de 52 cartes ne changera pas dans le jeu, on ne peut donc pas se spécialiser dans certaines combinaisons ou supprimer des cartes qui alourdissent le jeu. Les ennemis nous offrent un pouvoir mais le fait de ne pas le choisir nous impose d’essayer de s’adapter à celui-ci, et ce n’est parfois pas possible. Ces contraintes ne sont cependant pas assez fortes pour ne pas avoir envie d’y rejouer, surtout grâce à certains détails !

Des détails qui rendent accro. 

La plus grande force de Ace of Spades, c’est de nous rendre accro avec plein de petits détails et d’idées rafraîchissantes.

Exemple d’un Acolyte.

Le jeu nous propose un système de niveaux qui changent quelque peu les règles et ne nous facilite pas la victoire. Facile, normal, difficile ou cauchemardesque, chacun trouvera son niveau et voudra se challenger une fois réussi. Le boss change aussi sa manière d’être vaincu selon son niveau de difficulté choisi. 

Chaque ennemi fait partie d’une scène. Les scènes sont construites avec trois ennemis et le dernier de chaque scène, appelé acolyte, nous propose une contrainte dans les mains de poker pour l’affronter. Si nous arrivons à battre cet acolyte, il nous donnera un bonus permanent nous rendant toujours plus fort. Par exemple, les valets ne lui font aucun dégât mais si je le bats, mes valets ajouteront trois dégâts supplémentaires à la place d’un. 

Un mode de jeu à deux joueurs est également disponible, changeant très peu les règles mais assez pour rendre intéressante cette expérience à deux shérifs. Il faudra un bon allié avec vous pour passer ce défi en binôme ! 

Enfin, un tableau d’exploits se trouve dans le livret de règles, suffisamment pour nous donner envie de les réussir sans en avoir trop et se noyer dedans. Des défis rigolos (finir un combat avant la fin d’une chanson) à d’autres plus techniques (réaliser une main parfaite grâce au joker), de quoi se challenger une fois de plus et essayer de faire le 100% (comme dans Balatro !). Le jeu nous propose un QR code en guise de récompense si vous parvenez à réaliser tous les exploits ! 

Tous ces détails permettent de relancer le jeu, de le faire à deux parfois, de finir tous les niveaux de difficultés et de battre Lord Overkill encore et toujours ! 

Pas Balatro mais pas de trop ! 

Ace of Spades n’est pas le Balatro que j’attendais. Il n’est pourtant pas non plus une déception ! Il réussit à proposer un jeu de combinaisons de poker avec un système de jeu simple à apprendre, mais difficile à maîtriser. On n’enchaîne pas les victoires, mais les parties, oui. On aurait pu gagner en rythme avec moins de manipulations, mais l’envie de se challenger, d’aller plus loin ou de jouer à deux renouvelle le plaisir à chaque partie.  Ace of Spades n’est pas Balatro : il est lui-même, avec ses forces et ses faiblesses. 

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