Witchbound
Auteur(s): Thatcher Cohen
Illustrateur(s): Thatcher Cohen
Editeur(s): Matagot
Distributeur(s): Matagot
Mécanisme(s): Narratif
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Oftenlight : 8/10
J’ai longuement testé des jeux narratifs en cherchant le bonheur de vivre une aventure, de découvrir un univers, une mécanique… De tomber dans une boîte de jeu sans jamais la fermer le temps de finir l’aventure. Certains se rapprochaient du jeu de rôle, comme le superbe Alice Is Missing ou Fragment, tandis que d’autres étaient davantage tournés vers la gestion, comme The 7th Continent ou Sleeping Gods. Je n’ai jamais réussi à entrer suffisamment dans ces univers, quelque chose bloquait. Une écriture trop lourde, une mécanique qui prend trop de place, un temps d’attente trop long entre chaque tour de jeu. Autant de frustrations qui m’ont toujours empêché d’aller plus loin, d’être plus curieux. Alors, je le confesse : je ne suis pas le client de ces jeux, ce ne sont pas eux qui sont mauvais. Mais j’ai continué à chercher mon Graal : un jeu plus familial, qui se sauvegarde rapidement, qui m’embarque dans son univers. Et Witchbound m’est apparu tout naturellement ! Le premier jeu de Thatcher Cohen (auteur et illustrateur s’il vous plaît !), localisé en France par Matagot, a réussi à me convaincre et je souhaite partager avec vous mon expérience !
I) Un “point-and-click” sur la table.
Dans Witchbound, nous incarnons Romy, une jeune fille qui passe ses vacances sur l’île de Coven Cove chez sa grand-mère. Cette île semble ennuyeuse aux yeux de Romy, mais, par le destin ou le hasard, Romy va découvrir ses pouvoirs magiques transformant ainsi ses vacances en aventure ! C’est vous qui allez vivre cette aventure et qui allez découvrir cette île, ces personnages et ces mystères !
Et c’est le premier point fort dans ce jeu, la rencontre des Personnages Non Jouables. Chacun a un métier, une histoire et un caractère marquant. Ils peuvent nous donner des informations, des quêtes secondaires, des objets utiles tout de suite ou plus tard. Ils sont vivants et nous avons envie de les rencontrer.

Le deuxième point fort du jeu est sa mécanique. Je vous avais déjà dit que j’étais fan de jeux vidéo. Une mécanique connue du jeu vidéo est le point-and-click. Ce principe mécanique nous fait vivre une aventure en interagissant avec l’univers en cliquant. On veut parler à un PNJ : on clique sur lui. On veut fouiller un placard : on clique dessus. Witchbound réalise l’exploit de nous faire jouer à un point-and-click sur la table. Notre personnage obtiendra durant la partie des actions, des objets, des phrases qui lui permettront d’interagir avec l’univers autour d’elle. Chaque interaction est associée à un chiffre. Par exemple, observer est suivi du numéro 1. Dans chaque lieu, des points d’interaction sont eux aussi associés à un numéro. Donc pour observer une porte qui aurait le numéro 12, j’irais dans le livre d’aventure qui fait office de narration au paragraphe 112 (numéro d’action + numéro du point d’interaction). Une mécanique simple qui permet de faire grandir le jeu avec nous. Si j’obtiens une nouvelle action, par exemple donner un cookie, je vais pouvoir réinteragir avec tout le monde pour découvrir de nouvelles quêtes secondaires ou m’ouvrir des portes… Le monde grandit ainsi avec Romy et avec nous.

Le dernier grand point fort du jeu est sa capacité à nous faire observer les pages de son livre d’aventure pour trouver LE détail qui nous fera avancer. Un petit logo avec une compétence débloquée devient un passage secret, un numéro un peu camouflé devient un trésor à gagner. Alors quand on bloque dans le jeu, on revient en arrière et on prend le temps de tout observer une nouvelle fois. J’ai trouvé cette mécanique d’observation particulièrement plaisante. Cette nécessité d’observer chaque détail renforce encore cette sensation de jouer à un point-and-click.
II) Une aventure mémorable ?
Witchbound est un très bon jeu solo d’aventure qui utilise le point-and-click et une narration accessible pour faire grandir l’univers avec nous. Ses mystères, ses objectifs, ses quêtes secondaires et le développement de son personnage m’ont marqué. Il est plus familial qu’un Sleeping Gods par exemple, tout en se sauvegardant rapidement, en proposant une narration accessible et originale. C’est une belle aventure solo qui m’a marqué parmi mes jeux de 2026 !

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