Spartacus

Note moyenne
8
(1 note)
Mise en place: 10' - Règles: 20' - Durée par joueur/euse: 45'
Catégorie: Initié
Age minimum: 16
Nombre de joueurs: de 2 à 4 joueurs
Nombre de joueurs conseillé: de joueurs
Note moyenne des lecteurs : pas encore de note !
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Vincent : 8/10

On a ressorti Spartacus (qui est sorti en 2021) avec les copains la semaine dernière. En allant regarder par curiosité ce que Vin d’jeu en disait, je me suis aperçu que le jeu n’était pas référencé. Alors, voilà que j’en cause un brin aujourd’hui, pour ceux des joueurs qui pourraient être intéressés par l’expérience (j’ai bien écrit sciemment « expérience »…) !

Je précise avant tout que la boite de jeu peut avoir plusieurs aspects : j’ai placé ici la version anglaise, tirée de la série éponyme (que je n’ai pas vue) et une autre version plus « graphiquement classique » qui existe donc également. Il existe aussi des versions françaises ; pas de souci pour les gens qui ne sont pas fortiches en anglais comme moi : le niveau est vraiment accessible (et je suis vraiment mauvais, sans fausse modestie !).

J’ai donc insisté pour parler d’expérience ludique car c’est le cas. D’abord le jeu est présenté avec un avertissement sur la boîte : « contenu mature – recommandé pour 16 ans et + ». Puis un autre avertissement est adressé aux joueurs dans le livret de règles : « c’est un jeu, un simple jeu, ne l’oubliez pas »… Bref, ça donne le ton et ça peut rebuter légitiment des personnes…

Début de partie à 5 joueurs…

Si on passe ce premier cap, on découvre alors l’univers. On est à Capoue, l’une des villes les plus belles et des plus douces de l’Italie antique (parlez-en donc à Hannibal, qui y a certainement perdu là-bas la seconde guerre Punique…), mais également l’une des plus cruelles : Capoue était effectivement un des plus grands centres de gladiateurs de l’époque. Les joueurs incarnent chacun un « Domus », c’est-à-dire un des maîtres d’une des grandes maisons de la ville, et ils doivent asseoir leur domination sur la cité. Pour cela c’est simple : tous les coups sont permis ! Machinations politiques, vols, chantage, assassinats et bien sûr organisation de combats dans l’arène sont au programme : tout est bon pour gagner le plus d’influence ! Un joueur gagne la partie dès qu’il atteint 12 points d’influence à la fin d’une phase de jeu…

Le plateau de jeu de la famille Solonius…

Si vous êtes encore là à lire ces lignes, toujours pas démotivé(e), il vous faut savoir que tout le sel du jeu est dans l’ambiance qu’il procure. Les joueurs sont constamment en interaction, en discussion, en échanges. On provoque, on scelle des alliances, on les rompt, on soudoie un copain, on accepte un mauvais coup… On est propulsé sur le forum grouillant de Capoue et on n’a pas de scrupules : la vie antique d’un domus n’est pas un long fleuve tranquille !

La mécanique du jeu est assez simple et ne nécessite pas de s’appesantir trop. Un tour de jeu se joue en quatre phases. La phase 1 est une phase d’entretien, où on remet son jeu en place et où on gagne des revenus. La phase 2 est celle des intrigues : les joueurs utilisent des cartes de tous types pour tenter de faire monter leur influence et tout est bon pour tenter d’y parvenir… Puis la phase 3 est celle du marché : on recrute des gladiateurs, on achète des esclaves, des armes, des équipements et on s’échange tout ce dont on peu avoir besoin.

Combat dans l’arène…

La phase 4 est la plus originale : un des joueurs devient « hôte » (en gagnant une phase d’enchères) et organise un combat dans l’arène ! Les autres joueurs peuvent alors se voir offrir la chance (ou pas) d’engager un de leurs gladiateurs pour conquérir la gloire. Tout est à nouveau autorisé pour fouler le sable sanglant de l’arène : pots-de-vin, persuasion, tractations foireuses… Quand deux gladiateurs sont prêts, on parie sur le vainqueur (et sur de possibles blessures ou… une décapitation – si, si !) avant que le combat ne débute. Celui-ci se joue à coups de dés qui simulent les « compétences » propres des combattants (dés bleus pour l’initiative, dés rouges pour l’attaque, dés noirs pour la défense…). Les combats sont intenses et rapides, tout en permettant parfois de sacrés retournements de situation – parfois un hôte peut même organiser un « Primus », un combat à quatre gladiateurs ! Quand le combat est fini, chacun ramasse ses gains et points d’influence (bien entendu, l’hôte jouit du droit de vie ou de mort d’un combattant vaincu…). Et on repart pour un nouveau tour de jeu (et ses 4 phases).

La famille Batiatus gagne la partie ; le plateau à la fin du jeu…

Spartacus n’est pas à mettre dans toutes les mains. J’ai la chance de jouer avec une bande de copains chevronnés, qui se connaissent bien et s’apprécient énormément : l’humour, la passion du jeu et l’amitié nous lient. Cela donne des moments d’anthologie et on ricane souvent, des semaines plus tard, entre nous, de coups bas mémorables qu’on s’est faits (forcer par exemple un domus à envoyer son esclave qui lui rapporte le plus de revenus pour combattre à mains nues un gladiateur armés jusqu’aux dents – décapitation assurée…)… Mais je le répète, le jeu est méchant, sans morale et retors : ça peut faire grincer des dents…

Pour conclure, donc, si vous avez l’habitude de toujours re-poivrer vos plats sans les avoir goûtés, d’ajouter au moins un piment d’Espelette dans la sauce et de saupoudrer le tout de tabasco, foncez jouer à Spartacus ! Vos amis et vous allez vivre des parties follement divertissantes, dans un univers totalement politiquement incorrect et jubilatoire. Spartacus est trash et nous transporte volontairement dans l’univers cruel d’une cité romaine, le temps de quelques heures ! Sinon, si le moindre grain de sel avalé vous fait reprendre deux fois un verre d’eau, passez votre chemin : il y a une multitude de bons jeux qui vous attendent en dehors de Capoue…

Précision : nous utilisons, en plus du jeu de base, l’extension « Le serpent et le loup » qui permet de jouer jusqu’à 6 joueurs…

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