• The 7th Continent - FICHE DE JEU
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The 7th Continent

Note moyenne
9.17
(3 notes)
Mise en place: 7' - Règles: 40' - Partie: 1000'
Année:
Auteur(s): ,
Illustrateur(s):
Editeur(s):
Catégorie: Expert
Age minimum: 12
Nombre de joueurs: de 1 à 4 joueurs
Nombre de joueurs conseillé: de joueurs
Note moyenne des lecteurs (4 notes)
9.25
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1582 7th Continent 1

Swa 13

SwatSh: 9/10

Haaaa, the 7th Continent!  La bombe ludique du moment est enfin passée par notre table et pour plusieurs soirées d’affilée.  The 7th Continent, vous vous rappelez ?  Ce jeu a pêté tous les plafonds lors de son lancement sur les plateformes de financements participatifs il y a 2 ans, on vous avait même fait un compte rendu de notre enthousiasme sur le jeu lors d’une mini partie au salon d’Essen 2015.  2 ans après, leur jeu a été entièrement développé et on comprend qu’il ait mis autant de temps…

Campagnes de financement

The 7th Continent a été financé avec grand succès sur Kickstarter et, tenez-vous bien, Serious Poulp, son éditeur, remet ça maintenant dans une nouvelle campagne qui vient d’être lancée. Cette campagne propose le même jeu avec les mêmes extensions et accessoires que pour le financement précédent pour satisfaire les retardataires.  Pour les autres, ceux qui possèdent déjà ce petit bijoux, ils pourront satisfaire leur soif d’exploration avec une extension comprenant 2 nouvelles malédictions.  Une permettant de voyager en montgolfière et l’autre explorant les entrailles du 7ème Continent.  De plus, Serious Poulp a tout prévu.  Ceux qui ne se sont satisfaits que de la boite de base durant la précédente campagne, pourront se rattraper en souscrivant juste aux modules qui leur manquent.  Enfin, vous savez certainement que Serious Poulp a l’habitude de gâter ses pledgeurs en ajoutant certaines surprises en cours de campagne, on est curieux !  Pour ceux qui n’ont pas suivi, la meilleure surprise a été l’histoire du « goat ».  Dans les commentaires du financement précédent, un pledgeur, voulant parler d’un stretch goal, s’est trompé et a parlé d’un goat plutôt que d’un goal.  Il s’est fait chambré par pas mal d’autres pour, au final, voir un nouveau stretch goal apparaître en son honneur : la chèvre (voir photo) qui est la traduction de goat en Anglais…  Bien vu les serious poulp ! 😀 Vous en saurez plus en allant voir la page de la campagne qui vient d’être lancée.1582 7th Continent 2.0

Un jeu monstrueux

En effet, on est face à un monstre.  Non seulement la boite est grosse mais ce qu’elle contient l’est tout autant : près de 1000 cartes (963 en tout sans les extensions qui en contiennent chacune 96).  Et la toute grande majorité des cartes sont dessinées de main de maître par un des 2 auteurs : Ludovic Roudy.  Ses dessins sont magnifiques et incroyablement précis.  Vous devrez d’ailleurs, durant les aventures proposées, bien analyser chaque dessin tant il peut comporter des indices cachés.  Le jeu est même fourni avec une loupe pour vous y aider !!! 1000 cartes, pour plus de 1000 minutes la partie !!!  Un jeu monstrueux je vous disais.

Les malédictions

La boite de base en comporte 3 et la campagne de financement a permis d’en avoir 3 supplémentaires, soit 6 malédictions en tout.  Une malédiction correspond à un scénario qu’on peut comparer avec un scénario de Time Stories ou une énigme d’Unlock dans le sens où il est difficilement rejouable.  Une fois une malédiction jouée, rien ne vous empêche d’y rejouer mais vous connaitrez une bonne partie de l’énigme.  Mais la comparaison avec Time Stories ou Unlock s’arrête là car contrairement à ses 2 illustres aînés, une malédiction de The 7th Continent ne dure pas une soirée mais plus de 1000 minutes !!! Et oui, plus de 15 heures de jeu la malédiction.  Faites le calcul : 15 heures x 6 malédictions donnent plus de 90 heures de jeu, de quoi passer de nombreuses soirées et journées jeux.  Alors oui, une malédiction n’est peut être pas super rejouable, mais est-ce vraiment nécessaire ?  Et puis, les super geeks d’entre nous trouverons toujours une excuse pour refaire une malédiction.  La précédente campagne kickstarter proposait en effet des modules de météo et d’animaux qui vous suivaient durant toute une malédiction et permettait de refaire une malédiction avec ces petits add-ons en plus.  Monstrueux je vous disais 🙂

L’aventure1582 7th Continent 2

Tout commence sur une carte où se trouvent les petites miniatures qui nous représentent.  The 7th Continent est un jeu coopératif et tous les joueurs jouent et prennent leurs décisions ensemble.  Il n’y a pas de tour de jeu, chaque personnage agit quand bon lui semble (et si les autres sont d’accords aussi 😉 ).  Et agir n’est pas très compliqué et super intuitif :

  • Explorer un endroit pas encore vu sur la carte où on se trouve ou sur une carte avoisinante
  • Se déplacer
  • Jouer une carte de sa main et bénéficier de son avantage
  • Construire ou améliorer un objet  qui consiste à jouer une carte objet de sa main, à en payer le coût et à la placer devant soi.  Attention, le nombre d’objets est limité et mieux vaut les choisir judicieusement en fonction des besoins et des objets déjà disponibles au sein du groupe.
  • Utiliser un de ses objets construits.  Une fois construit, on place un dé sur l’objet pour indiquer le nombre de fois qu’il pourra être utilisé avant d’être défaussé.  Quand on utilise un de ses objets, on décrémente le dé associé qui va alors indiquer le nombre d’utilisations restantes.

Les choix

Comme vous le voyez, les choix d’actions sont assez faciles.  On va rarement faire des choix sur les endroits à explorer tant on a envie de tout explorer.  Les dessins nous montrent des indices : du sang par ici, une tentacule par là, des traces d’animaux, un cadavre, une tombe,… Ca nous donne bien entendu des indices sur ce qu’on peut y découvrir mais est-ce bien ou mal ?  Est-ce nécessaire ou superflu ?  On n’en sait rien et on va tout fouiller pour en avoir le cœur net.  On pourra d’ailleurs regretter qu’il n’y ait pas plus de réflexions proposées lors des déplacements.  On va bien souvent, sauf pour les aller-retours, se déplacer en groupe.  On ne va que trop rarement tomber sur des choix où la séparation du groupe est préférable (un peu comme les quêtes du magnifique Andor).  Une gymnastique d’esprit comme celle proposée dans Andor manque un peut dans le 7ème Continent.  Cette envie de tout fouiller va néanmoins se heurter au coût que ces actions nécessitent.  Les choix seront peu stratégiques mais plutôt pragmatiques et tourneront bien souvent autour du coût de chaque action : « est-ce que ça en vaut la peine ? ».

1582 7th Continent 3Les coûts et la vie

C’est là aussi une des grandes trouvailles du jeu.  Les joueurs disposent d’un paquet de cartes commun.  Ce paquet comprend des cartes objets, des cartes bonus, des cartes spécifiques aux personnages en jeu et des catastrophes.  Et la gestion de ce paquet est au cœur de The 7th Continent.  Ce paquet représente la vie du groupe.  Chaque action entreprise coûte des cartes.  Par exemple, si on veut construire un arc à flèche, cela nous coûte 4 cartes.  Cela veut dire qu’on va prendre 4 cartes du paquet et les placer dans la défausse pour réaliser cette action.  De plus, de ces 4 cartes, les joueurs vont pouvoir en garder une pour eux.  C’est une phase de discussion assez sympathique car les avis peuvent diverger en fonction des spécificités de chaque personnage et de la nécessité de chacun d’acquérir telle ou telle carte.

La majorité des actions exigeront de placer un certain nombre de cartes dans la défausse.  D’autres exigeront un certain nombre de réussite et ce sera aux joueurs de décider le nombre de cartes à piocher.  Par exemple, pour réussir à tuer tel animal, il faut 6 réussites.  Sur chaque carte est dessinée une, une demi ou aucune étoile.  Les joueurs vont devoir décider du nombre de cartes à piocher avant de les révéler pour vérifier qu’ils ont assez de réussites pour réaliser l’action voulue.  Un tableau de probabilité est disponible dans le livret de règles.  Ce tableau va aider les joueurs à se décider sur le nombre de cartes à piocher.  Par exemple, en piochant 8 cartes, les joueurs ont 83% de faire 6 réussites.

Heureusement, certains objets vont apporter un certain nombre de réussites en fonction de l’action choisie.  Et certaines ressources trouvées sur les terrains vont diminuer le coût de certaines actions.  Par exemple, si on trouve de la corde et du bois sur le terrain où on se trouve, la fabrication d’un arc à flèche ne coûtera pas 4 mais 1 carte.

La mort1582 7th Continent 4

Mais à ce rythme-là, le paquet risque de vite s’épuiser et quand on ne sait plus piocher de cartes dans le paquet, on pioche dans la défausse.  Et si on pioche une carte catastrophe dans la défausse, les joueurs ont perdu la partie et doivent tout recommencer.  Et ça peut faire mal vu le nombre d’heures déjà passées dans la malédiction en question.  Je peux vous assurer que lorsque vous avez passé 10 heures sur une malédiction et que vous devez tout recommencer, ça peut décourager.  Un système de sauvegarde en cours de malédiction ou un système permettant de ne pas tout devoir refaire aurait été le bienvenu.

La nourriture

L’aspect génial de cette mécanique de coût est que l’on peut se nourrir 🙂  On va souvent se nourrir en allant chasser le gibier ou en pêchant du poisson.  Et rien de tel que d’avoir fait un feu pour cuire la nourriture, elle est non seulement meilleure en goût mais également meilleure pour la santé.  Quand on se nourrit, en fonction qu’on ait cuit ou non la nourriture, on va pouvoir placer un certain nombre de cartes de la défausse directement dans le paquet.  Et voilà comment on se refait une santé 😉

Et cette gestion du paquet et de sa défausse est tout bonnement géniale et apporte un côté très savoureux au jeu.

1582 7th Continent 5La tension

Même si on n’est pas au niveau d’un Andor en ce qui concerne la tension, lorsque le paquet s’amenuise, je peux vous assurer qu’on va à la recherche de la nourriture tant on a faim 😉

Mais il est vrai qu’en dehors de ces moments de stress, le 7th Continent est plutôt pépère et on explore les différentes tuiles dans une ambiance bonne enfant et avec une certaine confiance en soi 🙂

La dynamique d’exploration

Ce qui m’a également bien plu dans le 7th Continent c’est la mécanique d’exploration.  Chaque carte représente une zone du 7ème continent.  Progressivement, on va découvrir les autres zones et ce qu’elles contiennent jusqu’à faire le tour de l’île.  Ensuite, sur certaines côtes de l’île, il vous sera possible de naviguer pour découvrir d’autres îles du 7th continent.  C’est une mécanique vraiment bien faite car :

-Cela permet d’avoir à chaque fois des petits plateaux au centre de la table plutôt qu’une carte qui s’étend dans tous les sens à la Carcassonne 😉

-Cela accentue d’autant plus le sentiment de découverte car, à chaque nouvelle île, on va pénétrer dans de nouveaux paysages et des nouvelles aventures.  Succulent 🙂

Humour1582 7th Continent 6

Pour finir, je ne peux m’empêcher de parler de l’humour du jeu.  On en trouve partout dans le 7th Continent et souvent par surprise.  Et ce n’est pas un humour lourd mais assez délicat qui apporte une touche encore plus agréable à la partie.

Conclusions

The 7th Continent est un jeu continent monstrueux 😉 , extrêmement grand, riche et profond.  Un must parmi les jeux d’aventures.  Et c’est bien aux aventuriers que le jeu s’adresse.  Il ne faut pas rechercher de mécaniques allemandes dans le 7ème continent mais bien une aventure à vivre seul ou accompagné de préférence.  Les choix seront bien souvent assez simples et la tension peu présente si ce n’est dans la gestion très originale du paquet de cartes qui va obliger les joueurs à trouver des moyens de remélanger la défausse dans le paquet sous peine de perdre la partie et de devoir la recommencer dès le début.  Le jeu est très long et il faut aimer passer de nombreuses heures autour d’un même jeu pour en profiter pleinement.  Un système ingénieux de sauvegarde permet néanmoins de pouvoir répartir une partie en plusieurs soirées même s’il n’est pas souhaitable de trop espacer les différentes parties.  Ses mécaniques originales, son humour et ses aventures riches, surprenantes et longues font de The 7th Continent un jeu exceptionnel qui mérite tout l’engouement dont il bénéficie.  Si le jeu vous intéresse, n’hésitez pas à aller voir la page kickstarter qui lui est dédiée et où vous pourrez acquérir cette petite pépite.  Et une fois le 7ème continent exploré, il vous tardera, tout comme pour nous, de découvrir le 8ème 🙂 (et non, je ne parle pas de l’iPhone 😀 ).


Ren 8

Ren:  10/10

Découvert dans un Hall bruyant d’Essen. Rêvé devant un pledge manager pendant une campagne de financement participatif. Attendu impatiemment pendant des mois… Le 7ème Continent allait-t-il être à la hauteur des espoirs qu’il avait fait naître en moi? La réponse est oui, 10/10 fois oui!

Petit rappel pour les distraits (ou ceux qui ont passé les 18 derniers mois sur la Lune), le 7ème Continent est un jeu d’exploration et de survie où de 1 à 4 explorateurs vont explorer le dit 7ème Continent pour lever la malédiction qui pèse sur eux. Les auteurs eux-mêmes le décrivent sur leur site comme étant inspiré des livres dont vous êtes le héros des années 80, et je partage totalement cet avis (en même temps je suis sûr que même si je ne le partageais pas vous feriez un peu plus confiance aux auteurs du jeu qu’à moi…). Le but sera donc de lever une malédiction en explorant le 7ème Continent pour trouver les indices nécessaires à votre quête, tout en survivant dans ce monde hostile et plein de surprises diverses et variées.

Le pitch

(un mot en anglais, ça fait toujours cool)
Chaque joueur incarne un explorateur, qui a une ou deux caractéristiques personnelles orientant (un petit peu) la manière dont vous allez jouer (si votre explorateur est plutôt malin mais chétif comme un moineau, vous n’allez pas essayer d’aider votre compagnon à défoncer une porte…).

Le jeu se joue entièrement avec des cartes, de plusieurs types:

  • Les cartes aventures, les plus nombreuses, que vous allez dévoiler à la manière d’une page d’un livre dont vous êtes le héros (e.g. « une fois l’action réussie, prenez la carte 243 »). Les cartes pourront comporter des événements uniques (rencontre d’une bêbête, découverte d’un objet…), des événements permanents (« vous défoncez la porte, qui s’ouvre sur un grand espace… »), des cartes terrains (que vous poserez sur le plateau pour former le 7ème Continent), des cartes état (empoissonné, ensanglanté, terrifié, paranoïaque… en général les cartes état sont toujours une bonne nouvelle pour la suite de l’aventure… 😊 )
  • Les cartes exploration (brouillard), que vous devrez chaque fois retourner et résoudre quand vous voudrez chercher un nouveau chemin pour découvrir un nouvel endroit.
  • Les cartes actions, qui serviront à la fois à vous équiper (en actions supplémentaires ou en objets) pour améliorer vos chances de survivre et arriver au bout de votre quête, mais à la fois aussi de points de vie (quand le deck de cartes actions est vide vous ne mourrez pas immédiatement mais disons que ça sent très très mauvais, et il faut urgemment repeupler le deck en question sous peine de ne pas tenir longtemps…)

Au départ tous les joueurs partent sur la même carte, et puis en avant pour l’exploration! Le principe de base est assez simple: chaque action (se déplacer, fouiller, regarder, chasser, grimper, soigner… il y en a plusieurs dizaines possibles) devra faire l’objet d’une tentative pour être réussie. En clair il faudra tirer un certain nombre de cartes du paquet de cartes action (pour rappel les « points de vie ») et avoir un nombre minimum d’étoiles (étoiles qui sont visibles dans un bandeau à gauche de chaque carte action – certaines cartes n’ont pas d’étoiles, d’autres une demi, d’autres encore 1 voire 2). L’action à faire (soit disponible sur une carte terrain sur laquelle on se trouve, soit éventuellement sur une carte bonus ou une carte objet qu’on a récoltée ou construite) indiquera 2 choses: le nombre minimum (ou exact, dans certains cas on ne pourra pas en tirer plus) de cartes qu’il faudra tirer, et le nombre d’étoiles qu’il faudra obtenir sur les dites cartes. Plus vous tirez de cartes (quand vous le pouvez), plus vous aurez de chances de réussir l’action. Mais plus vite vous viderez le deck de cartes actions… et plus vite vous vous rapprocherez ainsi de votre fin éventuelle!

Le Nirvana

Voilà, basiquement c’est quasi tout ce dont vous avez besoin pour jouer! Ok il faut aussi savoir qu’on peut combiner des objets entre eux (indispensable pour prolonger leur durée de vie). Ou qu’on a un nombre maximal de cartes en main, variable selon le nombre de joueurs, de même qu’un nombre maximal d’objets composés d’un nombre maximal d’éléments, idem en fonction du nombre de joueurs. Ou qu’on mourra de notre belle mort dès qu’on tirera une carte malédiction quand le deck de cartes actions est vide (en clair on risquera donc de mourir à chaque action tentée). Mais la base est là et elle suffit amplement à se lancer dans l’aventure (du moment qu’un joueur au moins a lu convenablement toutes les règles). Et une fois qu’on est lancé dans l’aventure, le bonheur arrive…

Un bonheur multiple, touffu, varié! Je vous liste tous les éléments auxquels je pense:

  • Les graphismes sont superbes (mais ça comme je l’écris pour la millième fois c’est très subjectif et personnel) mais surtout (beaucoup plus important ici) incroyablement détaillés! Avec l’ensemble des extensions parues à ce jour on parle de plus de 1300 cartes dessinées jusque dans les moindres détails!!!
  • Les graphismes font partie intégrante du jeu: une loupe est fournie, et à chaque carte retournée il faut regarder de près pour voir si on ne trouve pas un indice pour poursuivre l’aventure. Des traces d’animaux (la chasse et la pêche sont indispensables pour survivre, elles permettent de repeupler le deck de cartes actions, donc de regagner en quelque sorte des points de vie), un signe qui avertit d’un danger, un élément dont on a parlé plus tôt à un autre endroit… il y a même des numéros cachés sur certaines cartes, qui permettent de remplacer la carte sur laquelle on est par le numéro trouvé, ce qui permettra, disons, d’améliorer l’ordinaire (pas de spoiler 😊 ). Très très fort!
  • Le 7ème Continent est grand! Vous lirez ça et là des critiques disant que le Continent est beaucoup plus petit que ce qu’ils avaient imaginé. Je ne sais pas ce que certains attendaient, mais pour ma part avoir un plateau de jeu constitué de dizaines (avec beaucoup de s…) de cartes toutes finement dessinées, ayant une cohérence globale et s’insérant dans une histoire me parait tout bonnement hallucinant. Alors bien sûr si vous recommencez une malédiction une fois, deux fois, trois fois… ben vous allez recommencer du même endroit, et le Continent n’aura pas changé. Mais le terrain de jeu est vraiment gigantesque.
  • Le jeu est long! Il faut compter minimum 10-15 heures de jeu pour lever une malédiction. Si vous comptez que vous pouvez jouer en solo ou en groupe. Avec des aventuriers différents (ce qui oriente un peu la manière de jouer, comme dit plus haut). Qu’il y a plusieurs malédictions dans la boîte de base et plusieurs dans les extensions. Qu’il y a d’autres extensions permettant de varier et renouveler le jeu. Qu’il y a plusieurs niveaux de difficulté. Si vous comptez tout ça donc, vous obtenez une énorme rejouabilité. Alors oui bien sûr le Continent ne changera pas. Mais quand vous rejouez un Scythe ou un Great Western Trail personne ne se demande si le plateau sera différent lors de la prochaine partie!
  • (un des points les plus forts pour moi) Dans le 7ème Continent (je parle d’une partie en groupe) vous jouez à un jeu de société dans son acception la plus pure: vous jouez en société avec d’autres humains. Pas à un jeu vidéo tout seul. Pas à un kubenbois pour nerds où vous allez optimiser votre plateau tout seul dans votre coin sans regarder ce que font les autres (et encore moins leur parler, quelle horreur! Bon je rigole, j’aime ça aussi, j’avoue). Non ici vous allez tout le temps et sans arrêt interagir avec les autres malheureux explorateurs qui sont dans la même mouise que vous! Qui fait quoi, quand, comment, qui prend tel objet, est-ce qu’on chasse maintenant, plus tard, est-ce qu’on utilise pour la dernière fois tel objet… L’interaction est permanente, et le sentiment n’est pas du tout le même qu’un coopératif classique, ou en gros la plupart du temps ça se résume à: « bon il nous faut tel objet pour ouvrir la porte. Qui a tel objet? Ha toi ok alors c’est toi qui utilise ton objet » et basta. Ici on a vraiment l’impression de vivre une aventure, de devoir prendre des décisions, de choisir des directions, de se mettre d’accord, d’optimiser… bref on communique avec d’autres êtres humains, sans aspect compétitif, et c’est absolument délicieux et « pleinifiant » (ben ouais j’invente un mot, je fais ce que je veux, c’est moi qui écris le texte, na!). Et j’oubliais presque de mentionner qu’on va tout le temps lire les cartes (y inclus les textes d’ambiance, cfr ci-dessous) aux autres joueurs, donc il y a moyen (et c’est vivement conseillé pour augmenter le plaisir) de lire en se mettant en scène, en « incarnant » la situation, bref presque en jouant comme dans un jeu de rôle. Goûtu!
  • Les cartes comportent toutes, sans aucune exception, un texte d’ambiance qui… vous met dans l’ambiance! (si si je vous jure) A nouveau chapeau bas, on parle ici de centaines de petits textes, tous différents, qui ont été travaillés jusqu’au bout, sans être baclés, bien au contraire… Respect total!
  • (autre truc de ouf) On peut sauver sa partie en deux coups de cuillère à pot. Avec un astucieux système d’empilement de cartes vous pouvez sauver votre partie et recommencer plus tard tout aussi facilement. Vous n’avez pas l’occasion de jouer des sessions de 10 ou 15 heures d’affilée? (ce qui est un peu incompréhensible, je ne sais pas ce que vous faites de vos journées ou de vos nuits mais soit, admettons) Ok pas de souci, vous jouez une heure aujourd’hui, puis vous sauvez. Puis 2 heures demain. Puis vous sauvez. Et ainsi de suite. Absolument génial! Et cerise sur le gâteau on peut tout aussi facilement commencer à 2, poursuivre à 3 lors de la prochaine session, repasser à 2, terminer à 4… Bref pas de contrainte de « ha ben zut je suis pas disponible la semaine prochaine, on ne peut pas continuer ». Dans ces temps d’agendas surbookés pour tout le monde et de suractivité permanente, moi je dis génial au carré.
  • Il y a plein d’endroits (ou d’événements) où il y a plusieurs cartes disponibles. Donc si vous venez une première fois vous aurez tel événement. Si vous y revenez ce sera peut-être le même, peut-être un autre. Top! Et ça augmente évidemment la rejouabilité et la variété du jeu.
  • (point très précis mais que je trouve absolument génialissime) Quand vous ratez une action à plusieurs joueurs, le jouer qui était actif, i.e. qui effectuait l’action aidé par les autres, prend une carte état paranoïaque, car il estime que si il a raté c’est la faute des autres. Génialissime (je sais je me répète, mais je ne trouve pas d’autre mot), et tellement dans le thème! Imaginez-vous sur un Continent inconnu plein de dangers, à la recherche de la solution pour lever une malédiction sans quoi vous allez y laisser la peau… avouez qu’il en faudrait bien moins que ça pour devenir parano!
  • Il y a plein d’humour à différents endroits dans le jeu. On voit, on « sent » que les auteurs se sont éclatés à faire ce jeu, et ils ont réussi à transmettre ça.

A tout ça il faut ajouter que la campagne de financement était une aventure en elle-même. Je sais que cet argument peut être bizarre (voire déplacé pour certains) mais je le pense: l’engouement et la passion pendant la campagne étaient incroyables. Rien que vivre cela avec plein d’autres passionnés du jeu était un bonheur (ceci peut être applicable pour plein d’autres campagnes de financement participatif, mais avec celle-ci on a atteint des sommets rarement atteints).

Bon ok il y a toujours des râleurs

Alors bien sûr le jeu n’est pas exempt de défauts, ou disons plutôt (mot plus juste à mon sens) d’imperfections. Il y a une (petite, et grandement maîtrisable) part de chance, puisque vous êtes dépendants des tirages de carte pour la réussite des actions. Mais cela participe selon moins à l’ambiance et à l’immersion dans le jeu et son esprit, i.e. vous êtes là pour lever une malédiction, le succès ne peut pas être garanti…

Il y a également énormément de manipulation de cartes, puisqu’on va tout le temps tirer des cartes dans le deck action, le remplir avec des cartes de la défausse, tirer une nouvelle carte terrain, tirer une carte événement, les ranger dans la boîte… bref énormément de manipulation. Cela peut gêner les malad… maniaques qui ne veulent pas abimer leurs cartes. Et ça peut gêner ceux qui n’aiment pas tout le temps manipuler des cartes. Mais personnellement ça ne me gêne absolument pas vu que ça colle assez bien à l’esprit: on est dans un jeu d’exploration et de survie, pas dans une course. Donc si on prend 10 secondes pour chaque fois trouver la bonne carte ou la remettre dans la boîte, ben ce n’est pas grave du tout.

Enfin certains se « plaignent » du fait qu’il faille beaucoup chasser et/ou pêcher pour survivre. A nouveau personnellement cela ne me dérange pas le moins du monde, on est dans un jeu d’exploration et de survie, et cette obligation de trouver de la nourriture réussit à transmettre le « stress » de la survie de manière superbe: au début le paquet ne descend pas trop vite (les premières actions disponibles sont faciles, donc on doit tirer peu de cartes du paquet de cartes action). Puis ça accélère, jusqu’à ce qu’on trouve de quoi chasser et le paquet remonte « facilement » (pour autant qu’on fasse du feu, élément indispensable pour cuire les éléments, à nouveau un détail parfaitement dans le thème). Et on oscille ainsi toute la partie entre le paquet qui descend puis qui remonte, sauf qu’il descend de plus en plus bas (les actions étant de plus en plus difficiles et/ou risquées au fur et à mesure qu’on avance), et qu’on sent la tension monter chaque fois qu’on approche de la fin du deck de cartes action. Jouissif!

N’écoutons pas les râleurs, et restons au Nirvana!

Au final on a une réussite exceptionnelle, un chef-d’œuvre qui entre pour moi immédiatement (sans passer par la case départ et sans toucher 4000 francs) dans le panthéon des jeux légendaires, au côté des plus grands. Non le 7ème Continent n’est pas pour tout le monde, mais quel jeu l’est? Non le 7ème Continent n’est pas le jeu parfait et ultime, mais quel jeu l’est? Oui le 7ème Continent offre un immense plaisir ludique et est un jeu de société dans le plus beau sens du terme.
Bravo messieurs Ludovic Roudy & Bruno Sautter, et surtout merci merci merci de nous (/m’)offrir tant de plaisir ludique! Je ne regrette pas le moindre centime de mon pledge full extensions dans la première campagne, et je peux vous dire que je serai au rendez-vous pour la deuxième campagne et les nouvelles extensions! Chef-d’œuvre je vous dis…


pascal-1

Pascal:   8,5/10

Le 7ème Continent fait le buzz pour le moment.  Et pour cause, il est remarquable à plus d’un titre…

On pourra s’extasier son matériel irréprochable, avec ses centaines de cartes superbement illustrées et toutes différentes.  On remarquera aussi les règles bien écrites, très claires et relativement simples.

Mais on se souviendra du jeu principalement grâce à l’aventure qu’il nous fait vivre.  Le thème est vraiment bien retranscris, et on s’imagine explorer les îles les unes après les autres en recherchant le bon équipement qui permettra d’avancer dans le jeu sans prendre trop de risques (la mécanique de jeu étant très bien décrites par Swatsh, je ne m’y attarde pas trop …).  Et le nombre d’actions possibles est juste incroyable et les possibilités sont multiples.  Une vraie richesse de jeu, une vraie immersion, une vraie aventure !

Mais encore au-delà de çà, je me souviendrai du jeu aussi et surtout pour sa durée tout bonnement astronomique, clairement excessive.  Environ 16 heures pour finir une partie … c’est vraiment trop.  Ca me fait penser aux jeux videos interminables.  On commence plusieurs fois, mais on ne termine jamais !  OK, c’est vrai, on peut sauvegarder notre partie (assez génial d’ailleurs), mais il faut rejouer rapidement sous peine de ne plus se souvenir de ce qu’on a fait (et de perdre la notion de « partie »).  Je n’ose même pas imaginer perdre la partie au bout de 15h, et me dire « bah, c’est pas grave, on recommence ! ».  Et commencer la partie sans en connaître le dénouement est frustrant … (l’envie d’atteindre le dénouement de l’histoire est bien réelle).

Autre petit regret, j’ai ressenti un manque de tension pendant les premières heures de jeu (mode de difficulté « normale »).  On n’a pas vraiment « frôlé la mort », et le stress n’est apparu qu’après un grand nombre d’heures de jeux.

En conclusion, je dirais qu’avec un rien plus de tension et de difficulté, ainsi que des aventures 3 fois moins longues, on serait proche du jeu parfait !  Avec les avis dithyrambiques que j’avais lu çà et là avant de jouer, je serait presque déçu …

 


 

1582 7th Continent 7


Vin d’jeu d’vidéo:

La dégustation en 12 minutes par Ren:
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par john
exceptionnel
Ce jeu est une perfection. Bien dommage pour ceux qui n'ont pas pledgé ce jeu qui est tout simplement la nouvelle référence dans le monde du jeu de société !!!
par thomas
J'ai toujours pensé que je m’ennuierai sur une île déserte...
Après 5 heures de jeu à 3 joueurs, pour ma part, un peu déçu, on s'ennuie ferme (je pense qu'à deux ce serait mieux) , scénario quasi inexistant, c'est cher, rejouabilité incertaine (toujours la même carte, aussi grande soit elle), trop aléatoire (saleté de malédiction). J'ai backé puis abandonné, je pense qu'il y aura beaucoup de déçus.Par contre concept novateur et intelligent d'exploration: des éditeurs vont forcément s'en accaparer. Si c'est moins long, c'est à dire avec moins de carte donc moins cher et avec un vrai scénario à la Horreur à Arkham je suis preneur.PS: le problème avec un jeu qui dure aussi longtemps c'est qu'on ne joue pas à d'autres jeux.
par Sylvain L.
Ce 7e continent est un 7e ciel !
Ce jeu comble le moindre de mes besoins, j'ai enfin trouvé le jeu ultime. Fan de coopératifs, enfant des livres dont vous êtes le héros, passionné de jeux d'exploration sur PC comme en plateau, totalement adorateur des jeux d'énigme et des escapes games, admirateur de Lovecraft et de Pratchett... Ben voilà, j'ai tout ce qu'il me faut.Première partie à 4, durée totale pour la plus simple des malédictions, 25 heures ! C'est lent, bien entendu, mais pourquoi ? Parce qu'on se tape des barres de rire en permanence. J'ai naturellement joué le rôle de Lovecraft et j'ai joué mon rôle jusqu'au bout. Téméraire à loisir, attiré naturellement par les tombes, les brumes étranges et le paranormal, j'ai occasionné quelques sueurs froides à mes camarades à vouloir sans cesse tester des choses plus ou moins hasardeuses. Au point de me retrouver avec pratiquement tous les états possibles du jeu, ce qui a fait perdre au groupe de nombreuses cartes. Mais ces états m'ont également parfois procuré des bonus incroyables, et c'est en cela que le jeu est incroyable : on ne sait jamais ! Alors il faut tester.Captivant, royal, ma petite perfection, mon précieux !J'avais raté la première campagne Kickstarter et j'ai découvert le jeu par hasard lors d'une soirée jeux entre amis. Je ne raterai pas la seconde, croyez-moi ^^
par HPSP
Un continent de bonheur
Cela fait 40 ans que je joue aux jeux de société, cela fait 40 ans que j’attendais, il est enfin arrivé, un vrai jeux solo avec de tels références, Livingstone et Jackson pour leurs romans dont vous êtes le héros, mais aussi Jules Vernes et ses fantastiques romans d’aventure de mon enfance, Robinson Crusoé et sa survie, Jackson (Peter cette fois ci) avec l’incroyable atmosphère de son King Kong, tout y est retranscrit à la perfection, on ne s’ennuie jamais, on a qu’une envie... ne jamais revenir. Un jeu formidable avec des règles simples, une durée de vie extraordinaire, du matériel de grande qualité, certainement le meilleur jeux de cette année 2017, voir...1907 l’année où l’on a découvert le 7ème continent.Un grand Merci à Ludovic et à Bruno.

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2 de réponses

  1. LTH dit :

    après dans ce type de jeu c’est courant la notion de mort.
    c’est loin d’un KDM quand même 😉
    c’est même souhaitable sinon il n’y aurait pas d’enjeu.
    et on peut ajouter du stress avec la difficulté et les extensions plus difficiles
    on a un jeu qui se fait en 5 sessions de 3h par malédiction en gros, un peu comme les jeux de rôle.
    explorer un continent en 2h ça ferait court 😉
    mais effectivement du coup c’est pas forcement pour tout le monde pour ça, c’est qu’on est sur une frontière entre le monde du jeu de société classique et les jeux de rôles et jeux vidéos RPG 😉 un bel OVNI qui est facile à jouer, pas écrit en Alien, encore une grosse force 😉

    très bon article

  2. Karpot dit :

    Excellent article….Le seul hic pour moi est le fait comme le dit Swatch, de trouver le courage de recommencer après quelques heures de jeu…. Sinon certainement le meilleur jeu d’exploration

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